Archives par mot-clé : représentations

Parution : Du droit dans Disney

Quentin Le Pluard, Marion Talbot (dir.), Du droit dans Disney, Mare et Martin, 2020. 

Qu’ont en commun Star Wars, Pirates des Caraïbes, Cars, Le Roi Lion ou Bambi ? La première réponse à cette question, la plus évidente, serait de dire qu’il s’agit de films et franchises Disney. Une autre, plus spécifique, serait d’affirmer que chacune de ces oeuvres présente un aspect particulier du droit ou peut servir de biais pour le présenter et approfondir ses connaissances en la matière. Il en est ainsi de la qualification et du régime juridique de la chasse (Bambi), du coffre de pirate (Pirates des Caraïbes) ou encore de la légalité de l’Ordre 66, ordonnant le génocide des Jedi (Star Wars). Ces quelques points, parmi bien d’autres, viennent asseoir l’intérêt d’une recherche du droit dans la magie de Disney, à moins que ce ne soit l’inverse. Se voulant accessibles à tous – néophytes du droit ou de Disney, comme juristes confirmés ou fans inconditionnels des différents films et sagas –, les différentes contributions de cet ouvrage sont autant de preuves supplémentaires que, comme le veut l’adage, le droit est véritablement partout. Il l’est donc aussi dans les oeuvres estampillées Disney.

Parution : Écrire l’esclavage dans la littérature pour la jeunesse

Écrire l’esclavage dans la littérature pour la jeunesse

Textes réunis et présentés par Christiane Connan-Pintado, Sylvie Lalagüe-Dulac et Gersende Plissonneau,

Presses Universitaires de Bordeaux, coll. “Modernités n° 45”, 2020.

Depuis la promulgation de la loi Taubira en 2001, qui institue l’esclavage comme crime contre l’humanité et prescrit son enseignement dans les classes, les fictions historiques pour la jeunesse abordant cette période se sont multipliées. Plusieurs d’entre elles ont pris place sur les listes de référence du Ministère de l’éducation nationale et peuvent servir de support à l’enseignement de cette page d’histoire à travers trois disciplines : l’histoire, la littérature et l’éducation civique. À partir d’un corpus d’ouvrages publiés en France, dont certains en traduction, il s’agit d’interroger le genre de la fiction historique, ses atouts et ses limites dans un domaine régi par une tension permanente entre le docere et le placere. Il convient en effet de soupeser le couple disparate formé par la fabulation et l’archive car il pourra, selon le cas, incliner l’ouvrage vers la vocation documentaire ou vers une fictionnalisation débridée.

Afin d’envisager les différentes propositions de l’édition pour la jeunesse autour de la question vive de l’esclavage, l’ouvrage trace un parcours en trois étapes. La première opère un retour sur les origines de cette production et se penche, d’une part, sur la réception française des authentiques récits d’esclaves et du premier roman abolitionniste, La Case de l’Oncle Tom, d’autre part, sur le détournement d’une œuvre littéraire, quand un écrivain en vient à l’adapter pour la jeunesse. L’étape suivante s’attache au statut des personnages d’esclaves mis en exergue dans les ouvrages du corpus, des personnages privés d’histoire, dont l’identité et les origines ont été niées et auxquels la littérature tente de redonner vie. Enfin, sont explorées, en dernière partie, les voies génériques empruntées par les auteurs pour la jeunesse : d’abord le roman, genre dominant, qui tient la balance entre fiction et histoire de manière contrastée ; puis les genres graphiques, bande dessinée et album, qui diffusent une représentation iconotextuelle de l’esclavage.

Nourri par l’histoire et agrémenté par la fiction, ce parcours d’œuvres adressées à la jeunesse pour aborder la question de l’esclavage, se propose d’approfondir des enjeux et une poétique propres à retenir aussi bien l’attention des littéraires que celle des historiens.

Ouvrage publié avec le soutien des équipes TELEM (EA 4195, Université Bordeaux-Montaigne), E3D (Université de Bordeaux) et de l’INSPE de l’académie de Bordeaux.  Continuer la lecture de Parution : Écrire l’esclavage dans la littérature pour la jeunesse

Parution : Corps handicapés et corps mutilés dans la BD

Frédéric Chauvaud et Denis Mellier (dir.), Corps handicapés et corps mutilés dans la BDPresses universitaires de Rennes, 2020.

Dans une perspective pluridisciplinaire, ce volume articule une histoire des représentations du handicap et de la mutilation et une réflexion sur les contraintes formelles que ces états du corps imposent à la bande dessinée. La bande dessinée contribue à révéler les stéréotypes et les partis pris culturels et sociaux qui déterminent un regard qui, souvent, conduit à ostraciser les corps handicapés et mutilés. À l’inverse, la BD permet aussi de lutter contre l’invisibilisation de ces corps. Elle présente des personnages dont les corps différents offrent des capacités d’action impensées, contribuant ainsi à modifier le point de vue porté sur eux.

Avec une postface de Jean-Philippe Martin.

Avec le soutien de l’université de Poitiers.

Table des matières 

Parution : Lesbians on Television. New Queer Visibility & The Lesbian Normal

Kate McNicholas Smith, Lesbians on Television. New Queer Visibility & The Lesbian Normal, Intellect, 2020. 

The twenty-first century has seen LGBTQ+ rights emerge at the forefront of public discourse and national politics in ways that would once have been hard to imagine. This book offers a unique and layered account of the complex dynamics in the modern moment of social change, drawing together critical, social and cultural theory as well as empirical research, which includes interviews and multi-platform media analyses.

This original new study puts forward a much-needed analysis of twenty-first century television and lesbian visibility. Books addressing the representation of lesbians have tended to focus on film; analysis of queer characters on television has usually focused on representations of gay males.  Other recent books have attempted to address lesbian, gay and trans representation together, with the result that none are examined in sufficient detail – here, the exclusive focus on lesbian representation allows a fuller discussion. Until now, much of the research on lesbian and gay representation has tended to employ only textual analysis. The combination of audience research with analysis in this book brings a new angle to the debates, as does the critical review of the tropes of lesbian representation. The earlier stereotypes of pathological monsters and predators are discussed alongside the more recent trends of ‘lesbian chic’ and ‘lesbianism as a phase’. 

Kate McNicholas Smith is lecturer in television theory at the University of Westminster. Continuer la lecture de Parution : Lesbians on Television. New Queer Visibility & The Lesbian Normal

Parution : Agatha Christie. Le droit apprivoisé

Nicolas Bareït, Agatha Christie. Le droit apprivoisé, Paris, Classiques Garnier, “Esprit des Lois, Esprit des Lettres” n°12, 2020.

L’œuvre d’Agatha Christie peut donner lieu à une lecture juridique, car l’auteur y déploie une véritable poétique du droit. Le procès, le couple et la mort sont les trois motifs à la fois littéraires et juridiques qui participent à la structuration de son imaginaire et lui confèrent sa singularité. Continuer la lecture de Parution : Agatha Christie. Le droit apprivoisé

Appel à propositions : Trans Identities in the French media

Edited volume: “Trans Identities in the French media”

As a preamble to this call for abstracts, we want to specify that we are using the terms “transgender” and “trans identities” as umbrella terms for people whose gender identity and/or gender expression differs from what is typically associated with the sex they were assigned at birth. Our use of “transgender” or “trans identities” thus encompasses a variety of experiences within and outside the gender binary, and a range of expressions, as trans individuals pursue many different options (medical changes, clothing, make-up, etc.) to bring their appearances into alignment with their gender identity, or may choose not to.

“Transsexualité, transidentité: un tabou français?” (“Transsexuality, transidentity: a French taboo?1): such was the title chosen by the online French news magazine France Info for an article published in 2015 that discussed the lack of visibility and biases transgender people still experience in French society. Indeed, the production of images and narratives about transgender people in a French context is a complex process that demands to be further analyzed. On the one hand, there has been an increasing visibility of trans individuals in film and TV in recent years. TV documentaries such as Devenir il ou elle (Lorène Debaisieux, 2017) and Être fille ou garçon: Le Dilemme des transgenres (Clarisse Verrier, 2017) follow the lives of adolescents as they transition into their authentic gender; director Sébastien Lifshitz dedicated a documentary to one of France’s first individuals to have undergone gender confirmation surgery with Bambi (2013), and he hired a transgender actress to play the main character in his film Wild Side (2004). However, transgender actors and actresses still remain painfully underrepresented in the French media, with most transgender characters being played by cisgender actors or actresses (Vincent Perez in Ceux qui m’aiment prendront le train (1998), Fanny Ardant in Lola Pater(2017), Claire Nebout in the short-lived TV series Louis(e) (2017), to name a few). From a societal perspective, the fact remains that the number of transphobic acts in France has continued to increase over the past years2. Moreover, the predominance of the French nation state weighs heavily on the recognition of trans identities in order to produce a narrative that avoids any kind of communautarisme, such that trans identities are integrated within the republican values of the country to appear less “frightening” to the general public. As noted by Todd W. Reeser, this has a direct impact on the way trans identities are portrayed in the media: “in journalistic prose, trans narratives, documentaries, and TV programs, transgender subjects are frequently defined through nation-based discourses, institutions, and state-sanctioned forms of power […]” (Reeser, 4)3Continuer la lecture de Appel à propositions : Trans Identities in the French media

  1.  Source: https://www.francetvinfo.fr/societe/transsexualite-transidentite-un-tabou-francais_891103.html []
  2. The number of homophobic and trans-phobic acts officially counted in France in 2016 rose by almost 20% (source: https://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-actes-homophobes-et-transphobes-ont-augmente-de-presque-20-en-2016_1906740.html) []
  3.  Reeser, Todd W. “TransFrance”, L’Esprit créateur 53 (1), Spring 2013, pp.4-14. []

Parution : Cultural Perspectives. Journal for Literary and British Cultural Studies in Romania, n° 25/2020 : “Urban culture”

Cultural Perspectives. Journal for Literary and British Cultural Studies in Romania (CP), n°25/2020 : “Urban Culture”

ALMA MATER Publishing House, “Vasile Alecsandri” University of Bacău, 2020.

Cultural Perspectives. Journal for Literary and British Cultural Studies in Romania (CP) is a peer-reviewed annual journal, issued by the Faculty of Letters, “Vasile Alecsandri” University of Bacau, Romania, and published by “Alma Mater“ Publishing House. With an established tradition in the field of cultural and literary studies in Romania, CP disseminates scholarly research findings, innovations and reflections.

The authors of the articles comprised in issue 25/2020 point at the enduring or emerging symbolic meanings and cultural practices associated with physical landscape and social cityscapes. Moreover, they encompass specific aspects of linguistic landscapes along with emotional and spiritual scapes. Continuer la lecture de Parution : Cultural Perspectives. Journal for Literary and British Cultural Studies in Romania, n° 25/2020 : “Urban culture”

Appel à communications : Représenter la catastrophe au XXIe siècle : pratiques et enjeux contemporains

Représenter la catastrophe au XXIe siècle : pratiques et enjeux contemporains

Colloque international, Université Jean Monnet, Saint-Étienne

ECLLA (Études du Contemporain en Littératures, Langues et Arts)

18 et 19 mai 2021

La catastrophe du 11 septembre 2001 marque, de façon spectaculaire, l’entrée dans le XXIe siècle, inaugurant « l’irruption du possible dans l’impossible » (Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé). Depuis, l’essor des thèses déclinistes, de la collapsologie ou de l’effondrisme, a engendré une prolifération de discours et d’images qui prédisent la fin de notre civilisation, anticipent les modalités de sa disparition, et imposent de penser la catastrophe avec une urgence renouvelée. En effet, l’heure ne semble plus à la conjecture ou à la prévision car le discours catastrophiste, que son relais soit scientifique, médiatique ou politique, ne cesse d’alerter sur la multiplication des catastrophes, nous invitant par là même à redessiner les contours d’une notion qui, jusque récemment, se caractérisait par sa dimension unique, inédite, et imprévisible. Signe que sa définition a déjà commencé à muter, la catastrophe est moins envisagée comme un dénouement ou une fin que comme une série de phénomènes sériels qui, par leur irruption répétée dans le quotidien, la placent dans une actualité permanente. Paul Virilio notait que notre société, à privilégier « inconsidérément le présent, le temps réel (…) met en œuvre l’immédiateté, l’ubiquité et l’instantanéité, met en scène l’accident, la catastrophe » (Paul Virilio, L’accident originel).

Employée au singulier, la catastrophe recoupe une pluralité de phénomènes imputables ou non à l’humain, qu’il s’agisse de désastres naturels, d’accidents nucléaires, d’attentats, ou encore de pandémies. Elle désigne non pas « un événement unique, mais un système de discontinuités, de franchissements de seuils critiques, de ruptures, de changements structurels radicaux » (Dupuy). En effet, elle relève moins d’un discours de l’après que d’un état d’alerte et de vigilance permanent à l’égard de phénomènes qui sont déjà en cours. Si, par son itération, l’aléa devient certitude, c’est également parce que la frontière entre le naturel et le culturel, instaurée par la Modernité occidentale, se dissipe, plus particulièrement depuis que les sciences de la terre ont pensé sous le terme d’anthropocène, créé par Paul J. Crutzen, ce moment charnière où l’être humain, par son action, est devenu le principal générateur de catastrophes, au risque d’évacuer le rôle de la contingence. À leur tour, les lettres et les arts explorent les problèmes conceptuels, éthiques et pratiques que pose cette « grande accélération » (John R. McNeill, The Great Acceleration), et, ce faisant, incitent à une réarticulation de notre rapport au temps, à l’espace, à l’image et au récit. Continuer la lecture de Appel à communications : Représenter la catastrophe au XXIe siècle : pratiques et enjeux contemporains

Parution : Addiction au jeu : réalité médicale ou pathologisation des pratiques ludiques ?

Aymeric Brody et Joël Billieux (dir.), Sciences du jeu, n°13, « Addiction au jeu : réalité médicale ou pathologisation des pratiques ludiques ? »

Aborder l’addiction au jeu sous l’angle de la question du jeu, tel est l’objectif de ce dossier qui rassemble des contributions issues de différentes disciplines (sociologie, psychologie, sciences de l’information et de la communication, littérature comparée), tournées vers différentes pratiques (jeux d’argent, jeux vidéo), elles-mêmes situées dans différents pays (de la France à la Chine en passant par la Finlande et d’autres pays européens), mais dont le point commun est cette attention particulière portée à la dimension addictive des pratiques ludiques. Sans jamais essentialiser ce lien que le jeu entretiendrait avec l’addiction – une notion issue du langage médical qu’il faudra d’ailleurs commencer par discuter –, il s’agit au contraire de remettre en question la nature de ce lien, en analysant tour à tour la façon dont il est conçu selon le contexte scientifique, politique et moral dans lequel la pratique s’inscrit, les enjeux socioéconomiques qui président à l’encadrement de cette pratique, la structuration des espaces sociaux dans lesquels elle prend place et les représentations de l’addiction au jeu telles qu’elles sont produites aussi bien par la littérature romanesque que par la presse quotidienne. Continuer la lecture de Parution : Addiction au jeu : réalité médicale ou pathologisation des pratiques ludiques ?

Parution : Réseaux n°223, Médias et racialisation

Réseaux, 2020/5 (n°223) : Médias et racialisation

coordonné par Frank Rebillard

Si le printemps 2020 aura bien sûr été marqué par la pandémie de coronavirus, il aura aussi été traversé sur le plan politique et médiatique par des images de protestations contre les violences policières, doublées de dénonciation du racisme. Depuis les rassemblements Black Lives Matter et les émeutes suivant la mort de George Floyd aux États-Unis, jusqu’aux manifestations du comité La vérité pour Adama en France, sur les écrans de télévision comme sur les plateformes de réseaux sociaux, des expressions telles que « racisme d’État », « privilège blanc », et plus largement celles de « racisation » ou « racialisation », ont pris une place jusqu’ici inédite dans l’espace public.
Depuis une vingtaine d’année déjà, ces notions et concepts, produits de l’univers académique mais bien souvent dans des zones de contact avec les mondes de l’activisme et du militantisme, connaissent de fait un emploi croissant par les sciences sociales. Parce que la « question raciale » constitue ainsi une entrée de plus en plus fréquente pour penser la société, la revue Réseaux a précisément souhaité consacrer un dossier à sa mobilisation pour analyser les médias.
Les articles réunis dans ce dossier, en mettant à jour des représentations médiatiques contribuant à altériser certains individus ou groupes sociaux en raison de leurs supposées origines communes ou mêmes couleurs de peau, prolongent ici des travaux qui, autrefois consacrés à l’image des « immigrés » ou des habitants des « banlieues », n’avaient pas abordé de façon aussi frontale les processus de racialisation. Et ils ouvrent également des voies encore plus originales pour la recherche française, en comparaison notamment de traditions plus établies aux États-Unis. Car ces différents articles, en explorant les modalités de production et les positionnements professionnels, au sein des entreprises de médias et plus largement des secteurs d’activité concernés, aident à mieux comprendre comment des biais racialisants peuvent être véhiculés – ou contrecarrés – par les médias.

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