Archives par mot-clé : mondes fictionnels

Appel à contributions : Écrire à plusieurs voies. Jeux et enjeux matériels des récits à bifurcations

Écrire à plusieurs voies. Jeux et enjeux matériels des récits à bifurcations

Colloque – 2-4 décembre 2026

Salle des Actes – Sorbonne Université

1 rue Victor Cousin 75005 Paris

Organisateur·rices : Anne Ducrey (CRLC), Cindy Gervolino (CRLC), Anaïs Goudmand (CELLF), Servanne Monjour (CELLF), Clément Sigalas (CELLF)

Avec le soutien du Centre de Recherche en Littérature Comparée (CRLC), du Centre d’Étude de la Langue et de la Littérature Francophone (CELLF), et de l’Association pour la recherche en Littératures Populaires et Cultures Médiatiques (LPCM).

Toute expérience narrative repose sur une tension fondamentale entre ce qui est raconté et ce qui aurait pu l’être. Comme l’a montré Hilary Dannenberg, le récit fonctionne à la manière d’une « matrice de possibilités, ontologiquement instable » (2008, p. 13) : le/la lecteur·rice anticipe, conjecture, envisage des dénouements alternatifs qui demeurent pourtant, dans la fiction linéaire, de simples hypothèses mentales. 

 Mais que se passe-t-il lorsque ces virtualités acquièrent une existence matérielle ? Jeux de rôle, jeux vidéo narratifs, récits multiversels, uchronies, fanfictions, livres dont vous êtes le héros, fictions arborescentes, fictions génératives et usages littéraires des LLM sont autant de dispositifs qui font de la bifurcation un principe organisateur explicite de l’œuvre. Dans ces différents objets médiatiques et littéraires, le choix – souvent délégué au·à la lecteur·ice/joueur·se – est généralement inscrit dans l’architecture du texte, ou plus précisément dans la matérialité de ce texte, qui vient reconfigurer à la fois la structure du récit et les modalités de sa réception. Parcourir ces objets, c’est accumuler des trajectoires, rejouer des embranchements, habiter plusieurs versions d’un même monde.

La bifurcation narrative peut être envisagée suivant une approche scalaire, des dispositifs dans lesquels la multiplicité reste corrélée à la planification auctoriale (Marti et Baroni, 2014) aux formes les plus explicitement interactives, où l’agentivité et l’encapacitation du/de la récepteur·rice infléchissent directement le cours du récit . Dans les premiers cas, la bifurcation ne résulte pas d’un choix du/de la récepteur·rice, mais constitue le noeud  de la mise en intrigue, qu’il s’agisse de versions alternatives à des événements historiques dans les uchronies (victoire des Nazis lors de la Seconde Guerre Mondiale dans The Man in The High Castle, course à la lune gagnée par les Soviétiques en 1969 dans For all Mankind…), ou de versions alternatives à des événements fictionnels dans les récits contrefictionnels et/ou multiversels (Ryan 2024, Goudmand 2026). Dans les seconds cas, le/la lecteur·rice/joueur·se agence à sa guise des éléments préétablis, dans les limites des règles fixées, par une série de manipulations et de transformations : Emmanuelle Lescouët parle ainsi de « narrations modulaires » (2025). 

Ce colloque invite à interroger l’ensemble de ce spectre et à en examiner les enjeux théoriques, poétiques et culturels : en quoi l’expérience des bifurcations transforme-t-elle notre conception du récit, de l’auteur·rice, du/de la récepteur·ice ? Quels outils – théories du transmédia et des mondes possibles, approches intermédiales, études de la réception – permettent d’en rendre compte ? Et comment penser la notion même de choix, entre expérience vécue par procuration et question d’encapacitation, dans les cultures contemporaines de l’imaginaire ?

Le colloque s’articulera autour de quatre axes de recherche. Continuer la lecture de Appel à contributions : Écrire à plusieurs voies. Jeux et enjeux matériels des récits à bifurcations

Raconter, et construire des mondes

Raconter, et construire des mondes

Communications, n° 118

Dirigé par Olivier Caïra et Anaïs Goudmand

Présentation

Des Rougon-Macquart à l’univers Marvel, du panthéon de Lovecraft aux créatures Pokémon, du Seigneur des Anneaux à The Witcher en passant par Dungeons & Dragons, les mondes fictionnels ont envahi le paysage, tous médias confondus. Ils sont bien entendu tissés de récits, mais aussi enrichis d’illustrations, de généalogies, de cartes, d’entrées encyclopédiques, de langues autochtones, voire de livres de cuisine, de manuels techniques ou de grimoires occultes. Avec le développement des loisirs interactifs, ces mondes sont devenus des espaces de jeu, d’invention et de socialisation, mais aussi des terrains d’affrontement culturel.

Ces créations tous azimuts ne proviennent presque plus d’individus seuls, mais d’équipes de plus en plus spécialisées, et les communautés de fans s’impliquent souvent dans ces vastes entreprises de worldbuilding. Ce processus transforme conjointement la structure des œuvres de fiction et l’organisation des industries de divertissement.

Par leur poids économique croissant, par leur résonance culturelle parfois planétaire, par les questions esthétiques et éthiques qu’ils soulèvent, les mondes fictionnels constituent un point de rencontre – et souvent de friction – entre les équipes créatives, les diffuseurs médiatiques et leurs différents publics. Distribués à l’échelle internationale, dans un contexte globalisé, ils impliquent aussi de nombreuses problématiques et réappropriations locales. Pour le monde de la recherche, le worldbuilding offre des éclairages inédits sur la narratologie, la psychologie et la sociologie de la réception, l’économie de la culture et les théories de la fiction. Continuer la lecture de Raconter, et construire des mondes

Appel à contributions (Colloque) –  Star Trek, dynamiques d’une fabrique de mondes : expansion, variation, densification

Star Trek, dynamiques d’une fabrique de mondes : expansion, variation, densification
Star Trek, Dynamics of a World-Building Factory : Expansion, Variation, Densification (Paris)

17-19 septembre 2026

Collège britannique, Cité internationale, Paris

Échéance des propositions : 15 janvier 2026

Organisé par Elaine Després (Université du Québec à Montréal), Florent Favard (Université de Lorraine, CREM), Anaïs Guilet (Université Savoie Mont Blanc, Laboratoire LLSETI), Hélène Machinal (Université Rennes 2, ACE) et Jessy Neau (Université de Poitiers, FoReLLIS)

Depuis les soixante ans qui nous sépareront bientôt de sa première diffusion le 8 septembre 1966, Star Trek s’est imposé comme un univers de fiction proliférant, transmédiatique et intergénérationnel que l’on peut diviser en trois grandes ères. La première est celle des débuts hésitants de la première série télévisée, dénommée désormais Star Trek: The Original Series (1966-1969) et de sa continuation animée (1973-1974). La deuxième, amorcée dès 1979 par la sortie au grand écran de Star Trek: The Motion Picture, s’est poursuivi au cinéma (9 films entre 1982 et 2002) et dans de nombreuses séries télévisées dérivées : The Next Generation (1987-1994), Deep Space Nine (1993-1999), Voyager (1995-2001) et Enterprise (2001-2005). La troisième ère, encore en cours, débute également au cinéma en 2009 par un reboot de la franchise au gré d’une trilogie lancée par J.J. Abrams qui s’est conclue en 2016. Depuis, c’est la continuité initiale du monde fictionnel qui est développée par des préquelles et suites télévisuelles sur les plateformes de vidéos à la demande (SVoD) : Discovery (2017-2024), Picard  (2020-2023), Strange New World (2022-), sans compter les séries d’animation et un téléfilm. À ces œuvres audiovisuelles, il faut ajouter de nombreux romans, bandes dessinées, fanfictions et jeux vidéo.

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Appel à contributions : Produits dérivés et culture matérielle. Extension du domaine de la fiction (Cahiers de narratologie)

“Produits dérivés et culture matérielle. Extension du domaine de la fiction”

Cahiers de Narratologie

Échéances des propositions : 1er juin 2025

Date de parution : septembre 2026

Dirigé par Marie Bastien (UCLouvain), Sébastien Fevry (UCLouvain) et Aurélie Huz (Université Paris Nanterre)

De la pipe ancienne qu’aurait pu fumer Sherlock Holmes aux accessoires et cosplays arborés par les fans de Star Trek, en passant par la tasse floquée aux armoiries de Poudlard, les objets qui font référence à des mondes de fiction sont nombreux. Qu’ils se présentent comme des accessoires de manipulation ludique et esthétique (tels les jeux, les jouets, les figurines), des matériaux citationnels (les produits à l’effigie d’un personnage) ou des supports d’étiquetage renvoyant à une identité encore plus lâche (les produits au logo Disney), tous ces objets témoignent à leur façon de l’omniprésence et du polymorphisme, dans notre quotidien, des fictions, de leurs histoires et de leurs personnages.

Le sens de ces objets est indissociable de la puissance des industries culturelles qui, depuis longtemps, développent des logiques de production sérielle et de déclinaison transmédiatique caractéristiques de la pop culture (Letourneux, 2017, 2020). Depuis les années 1970-1980, les phénomènes de concentration dans les industries créatives ont accentué des stratégies visant à constituer, à diffuser et à faire fructifier des marques commerciales (Disney, Warner Bros) et fictionnelles (Marvel, Star Wars), parfois inextricablement liées (Laurichesse, 2012, 2013 ; Letourneux, 2023). Ces marques culturelles ont fréquemment emprunté le mode d’organisation et la dynamique de production de la franchise (Johnson 2013), qui consiste à exploiter et à rentabiliser la notoriété d’un univers généralement fictionnel, à travers une multitude de déclinaisons souvent transmédiatiques, dont la fidélité au nom et aux valeurs de la marque fictionnelle est garantie par les outils juridiques du trademark (protection de la marque déposée), du copyright (protection de l’œuvre) et du licensing (droit d’exploitation). Ces « univers-marques » (Letourneux, 2023), nés dans leur grande majorité de l’industrie cinématographique, ou pour s’y intégrer (Brougère, 2019), favorisent certaines formes d’architecture narrative (comme le transmedia storytelling – Jenkins, 2006 ; Bahuaud, 2013), une conception de la fiction et de la marque comme mondes (Besson, 2015) et une dynamique créative anticipant dès le départ la commercialisation d’extensions transmédiatiques (Boillat, 2006 ; Laurichesse, 2013). Continuer la lecture de Appel à contributions : Produits dérivés et culture matérielle. Extension du domaine de la fiction (Cahiers de narratologie)

Appel à contributions : Fictions multiverselles, fictions multiversions

Fictions multiverselles, fictions multiversions : pour une poétique des mondes fictionnels parallèles

Échéance des propositions : 14 Mars 2025

Dirigé par Romain Bionda & Aurélien Maignant

Appel à articles pour un ouvrage collectif.

N.B. : Cet ouvrage prendra la suite des journées d’étude organisées sous le même titre par le Pôle de narratologie transmédiale, transculturelle et transhistorique (NaTrans) à La Grange, le Centre Arts et Sciences de l’Université de Lausanne. Ces journées ont eu lieu les 3 et 4 octobre 2024 dans le cadre d’une semaine de programmation artistique et scientifique intitulée La Mixtape du Multivers.

Cadrage des articles

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Appel à contributions : Raconter / Construire des mondes. Productions et réceptions hors de l’Occident (revue Communications)

Raconter / Construire des mondes. Productions et réceptions hors de l’Occident

Revue Communications (2026)

Date d’échéance : 1er juin 2024

Texte de l’appel :

English Version Below

Mots-clés : Industries culturelles, Franchises, Worldbuiling, Fandoms, Asie, Afrique, Amérique latine

Les sciences humaines et sociales ont pris acte de deux phénomènes caractéristiques de l’évolution récente des formes narratives. D’un côté les récits de longue haleine se multiplient dans la plupart des médias ; de l’autre, des encyclopédies (cartographies, généalogies, étymologies, bestiaires, etc.) s’y développent bien au-delà de la narration proprement dite. Ce sont aujourd’hui les mondes, davantage que les récits ou les personnages, qui structurent l’activité des industries de loisirs, dessinent le périmètre de la propriété intellectuelle et créent du lien au sein des communautés de fans.

De Balzac au jeu vidéo, l’idée d’« œuvre-monde » s’est ainsi imposée, au risque de se trivialiser. Pour autant, tout récit long ne donne pas forcément lieu à une diégèse qui « fait monde » ; en retour, le worldbuilding ne produit pas automatiquement de l’intrigue. Le numéro interrogera les articulations qui existent entre narration longue et construction de mondes, au lieu de les traiter comme des phénomènes nécessairement conjoints. Continuer la lecture de Appel à contributions : Raconter / Construire des mondes. Productions et réceptions hors de l’Occident (revue Communications)

Journée d’études : La fantasy, un genre à l’état sauvage ?

“La fantasy, un genre à l’état sauvage ?”

14 mars 2024

Format hybride, par Zoom et Maison de la recherche de l’Université d’Artois (salle I0.05)

Organisé par Pierre Audran, Anne Besson, Olivier Clerc, Charlotte Duranton, Romain Guillaud-Bataille, Marie Kergoat, Pascale Laplante-Dubé, Raphaëlle Raynaud (Université d’Artois, Laboratoire “Textes et Cultures”) Continuer la lecture de Journée d’études : La fantasy, un genre à l’état sauvage ?

Appel à contributions : Temps et espace dans la littérature de science-fiction (revue Loxias)

Temps et espace dans la littérature de science-fiction

 

Revue Loxias n°84, Université Côte d’Azur, Nice

Date d’échéance : 22 janvier 2024

Texte de l’appel :

Mondes parallèles, inversion du cours du temps, accélération ou ralentissement des processus temporels… Dilatation ou resserrement, expansion ou rétrécissement de / des univers…

Cette dimension quasi métaphysique de la représentation d’univers imaginaires est au cœur de nombre de classiques de la science-fiction comme La machine à remonter le temps de H.G. Wells, les Chroniques martiennes de Ray Bradbury, Le Monde du Fleuve de Philip José Farmer, La Patrouille du Temps de Poul Anderson ou la quasi-totalité de la production de Philip K. Dick, pour ne citer qu’un petit nombre d’exemples. La modification des paramètres propres aux conceptions usuelles du temps et de l’espace débouche alors sur une redéfinition radicale – ou carrément une mise hors jeu – de la causalité tandis que la représentation d’un univers ordonné se voit relayée par celle d’un chaos placé sous le signe du hasard. Continuer la lecture de Appel à contributions : Temps et espace dans la littérature de science-fiction (revue Loxias)

Parution : Tweaking Things a Little: Essays on the Epic Fantasy of JRR Tolkien and GRR Martin

Thomas Honegger, Tweaking Things a Little: Essays on the Epic Fantasy of JRR Tolkien and GRR MartinWalking Tree, “Cormarie”, 2023.

“World-building, name-finding, language-crafting; the flaws in chivalric practice, and the ethics (Machiavellian and otherwise) that produce the moral complexities of Middle-earth and the Known World are thus the topics that Tweaking Things a Little considers. The modest title belies what lies within these covers: nimble readings, profound knowledge of the medieval world, original and provocative reading of both books and the TV show await the reader here. Pointing both back in time to the medieval underpinnings of Tolkien’s creation and outwards to the contemporary world that informs Martin’s pragmatic and politically astute thinking, these essays enthral, astonish and challenge. Best of all, they encourage us to journey back into Middle-earth and the Known World, with newly opened eyes and ears, to rediscover their wonders anew.”

Thomas Honegger is Professor for English Medieval Studies at the Friedrich-Schiller-University, Jena (Germany).

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Appel à contributions : “Rétrotopies”, Pagaille, revue de littératures et médias comparés

Appel à publications pour le troisième numéro de la revue Pagaille, revue de littératures et médias comparés : “Rétrotopies”

Échéance des propositions : 15 mars 2023

En 2017, l’essai Retrotopia de Zygmunt Baumann, publié de manière posthume, interroge le rapport qu’entretiennent les sociétés occidentales avec le passé. Selon le sociologue, ces dernières se caractériseraient par une perte de foi en l’avenir, « devenu le réceptacle même de tous les cauchemars » (BAUMANN, 2017). Elles seraient ainsi animées par un mouvement de nostalgie envers un passé fantasmé, censé garantir la stabilité en réconciliant sécurité et liberté. Cet élan que Baumann définit comme une rétrotopie est qualifié de réactionnaire, tendant à fermer les imaginaires, à entraîner des régressions politiques, sociales, à construire des communautarismes. Dans une perspective différente mais complémentaire, la réflexion de François Hartog sur le présentisme posait un constat similaire sur nos sociétés contemporaines, devenues incapables de se projeter dans un futur trop anxiogène, bloquées à « un moment d’arrêt, de stase » (HARTOG, 2003), enfermées dans une crise du rapport au temps.

Ce troisième numéro de Pagaille propose ainsi de réfléchir à la manière dont la fiction s’est souvent nourrie de cet élan rétrotopique pour construire des univers parallèles, des mondes possibles, des « utopies régressives » (MURVAI, 2018), caractérisés par un même mouvement de retour vers un passé idéalisé, contrepoint salutaire à un présent décevant ou projection réflexive permettant de dialoguer avec le monde contemporain, de l’enrichir, de rêver à ce qu’il aurait pu être. Ce phénomène est-il bien une « constante de l’esprit humain confronté au temps » comme l’affirment Bénédicte Brémard et Marc Rolland dans De l’âge d’or aux regrets, ou est-il un trait particulièrement saillant de nos sociétés actuelles emmurées dans une crise de l’imaginaire?

La réflexion proposée invite à travailler à la fois sur des œuvres rétrotopiques, sur des œuvres questionnant le phénomène de la rétrotopie, mais aussi à développer une lecture rétrotopique d’œuvres qui ne le sont pas. Continuer la lecture de Appel à contributions : “Rétrotopies”, Pagaille, revue de littératures et médias comparés