À tout prix
Histoire et enjeux des récompenses culturelles
Sous la direction de Marie-Astrid Charlier, Chloé Delaporte et Marie-Eve Thérenty
Presses Universitaires de Vincennes
2026
À tout prixHistoire et enjeux des récompenses culturelles
Sous la direction de Marie-Astrid Charlier, Chloé Delaporte et Marie-Eve Thérenty
Presses Universitaires de Vincennes
2026
BD et roman graphique : narration en images
Conférence 21-22 novembre 2024
BLA Marbach (Allemagne)
Date d’échéance : 30 juin 2024
Texte de l’appel :
Bien que la bande dessinée ait subi des critiques dès ses débuts et que l’on trouve encore aujourd’hui des voix qui ne considèrent pas la bande dessinée comme un art véritable, on assiste depuis trois décennies à une réflexion scientifique et publique sur la bande dessinée en tant que forme artistique. L’importance d’artistes de bandes dessinés, tels que Hugo Pratt, Möbius (Giraud), Hal Foster, Lewis Trondheim, Joann Sfar, Hergé, Robert Crumb, Art Spiegelman, Will Eisner et Anke Feuchtenberger, ne fait aucun doute ; les bandes dessinées et les romans graphiques occupent une place de choix dans les rubriques culturelles, tout comme dans les programmes des maisons d’édition telles que Suhrkamp et Rowohlt. Continuer la lecture de Appel à communications : BD et roman graphique : narration en images
Résumé
En 1974, Angoulême consacre la bande-dessinée comme 9ème art à l’occasion de son premier festival international. Cinquante ans plus tard, ce médium hybride dans sa dimension à la fois artistique et littéraire est au cœur de nos vies et repousse sans discontinuer les limites de la case étroite dans laquelle la BD avait été assignée. Manga, comic book, roman graphique, la narration illustrée touche un public toujours plus conséquent et aborde des thématiques tout aussi riches. Le séminaire des doctorants du laboratoire HAR (Histoire des Arts et des Représentations) veut offrir aux chercheur·euses et aux acteur·ices du milieu, l’occasion de réfléchir au statut de la BD aujourd’hui et dans le passé. Plusieurs dimensions seront à l’honneur : la manière dont la BD se construit au croisement de disciplines artistiques, son rapport aux autres arts (peinture, cinéma, architecture, etc.) de même qu’à l’histoire des arts ainsi que sa place en galeries et dans les musées.
Doctorant contractuel, Université de Limoges – EHIC 1087 (Axe 3)
thomas.luberriaga@etu.unilim.fr/thomas.luberriaga@unilim.fr
Sujet de thèse :
Le jeu vidéo : un objet à la croisée des cultures médiatiques et artistiques, sous la direction de Loïc Artiaga
Axes / thématiques de recherche :
Game Studies – Play Studies – Histoire culturelle – Cultures populaires et médiatiques – Industries culturelles – Histoire de l’art – Game Design
Terrains de recherche :
France – Europe – Amérique du Nord – Japon
Production scientifique :
Mémoire de master 2 : L’œuvre d’art totale à l’ère du jeu vidéo : le concept de totalité dans les œuvres vidéoludiques, sous la direction de Alban Pichon (Université de Pau et des Pays de l’Adour)
Mémoire de master 2 : « Il était une fois… » le merveilleux : l’illustration des Contes de Perrault en France (1850-1914), sous la direction de Adriana Sotropa (Université Bordeaux Montaigne)
Formation :
2021-2022 :
Master Rhétorique des arts – Université de Pau et des Pays de l’Adour
2019-2021 :
Master Histoire de l’art moderne et contemporain – Université Bordeaux Montaigne
2016-2019 :
Licence Histoire de l’art – Université Bordeaux Montaigne
Cyril Gerbron, The Young Pope : la tiare et l’image, Presses universitaires François-Rabelais, coll. “Sérial”, 2021.
L’histoire de l’art est un aspect majeur de la poétique visuelle de la série de Paolo Sorrentino The Young Pope.
Dans cette série qui raconte la montée en puissance de Pie XIII, jeune pape américain décalé et réactionnaire, les tableaux, les statues, les œuvres d’art du passé jouent un rôle important dans l’effet de vraisemblance, puisque le Vatican est effectivement rempli d’images. Contemplées et commentées par les personnages, ou utilisées pour leurs dévotions, ces œuvres sont bien plus que des éléments de décor, elles sont « activées » et deviennent vivantes.
Les images de la série sont elles-mêmes nourries d’images du passé et The Young Pope met en scène ces « voyages d’images », parcours visuels et sémantiques que le livre se propose d’explorer.
Docteur en histoire de l’art, Cyril Gerbron est l’auteur de Fra Angelico : liturgie et mémoire (Brépols, 2016). Il a été boursier à la Villa I Tatti à Florence et a rédigé ce livre lors d’une année passée comme pensionnaire à la Villa Médicis. Il est décédé en 2019.
Continuer la lecture de Parution : The Young Pope : la tiare et l’image (Cyril Gerbron)
Depuis la Renaissance, les peintres ont pratiqué la caricature, d’abord comme un jeu d’atelier, puis comme une intervention politique et sociale à destination de l’opinion publique, à la faveur des Lumières et de la Révolution française. Tout au long d’un xixe siècle attaché aux normes, aux genres et aux hiérarchies, qui a été le siècle de la reproductibilité technique des images et de la densification de leur circulation, le champ artistique s’est trouvé confronté à l’inflation des images satiriques. Grimaçante et expressive, la caricature a connu une expansion inédite, qui a d’abord été perçue comme une menace pour la peinture, d’autant que Hogarth, Goya, David, Delacroix ou Daumier s’y adonnaient.
Progressivement, cet objet partisan et utilitaire, doté d’une faible légitimité artistique et culturelle, considéré comme ingrat et régressif, quand il ne passait pour vulgaire, a pourtant été disjoint de ses intentions initiales – le comique, la polémique et la critique –, pour devenir un langage formel. De la sorte, les procédés usuels de l’image satirique – la déformation, l’exagération, l’altération ou la condensation – se sont institués en moyens plastiques, selon un double processus de translation et de déterritorialisation qui caractérise aussi la modernité de Courbet, Cézanne ou Ensor.
Cet essai analyse comment, dans l’historiographie, la critique d’art et la pratique même des artistes, la caricature et son arsenal de dérèglements sont devenus, jusqu’au xxe siècle, le lieu d’invention du caricatural, comme en témoignent les œuvres de Rouault, Klee, Grosz, Picasso, Erró, Basquiat ou Combas.
Licornes. Celles qui existent et celles qui n’existent pas, Jocelyn Benoist et Véronique Decaix (dir.), Paris, Vendémiaire, coll. « Retour au Moyen Âge », 2021.
Aux origines d’un mythe contemporain
Personnage de jeu vidéo, motif de pyjama, créature de Harry Potter : la licorne, icône de la pop culture, est aujourd’hui partout. Mais si on l’associe volontiers au Moyen Âge tardif, et en particulier à la spectaculaire autant qu’énigmatique tenture La Dame à la licorne du musée de Cluny, sait-on que cet animal mythique trouve ses origines dans l’Antiquité grecque et l’Ancien Testament ? Qu’elle a oscillé dans la littérature médiévale entre les genres mâle et femelle ? Et qu’en tant qu’exemple canonique d’objet dont il faut déterminer ou non s’il existe – ou s’il est possible qu’il existe et ce que cela signifie –, elle a passionné les philosophes, de Duns Scot à Bertrand Russell en passant par Kant et Leibniz ?
Saisissant cette figure sans cesse réinventée dans toutes ses dimensions, un collectif de philosophes et de spécialistes d’histoire de l’art et de littérature lève le voile sur les mystères de cet animal-totem.
Sous la direction de Jocelyn Benoist, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et Véronique Decaix, maîtresse de conférences en philosophie médiévale.
Avec la participation de Sophie Albert, Anne Besson, Béatrice de Chancel-Bardelot, Rémy Cordonnier, Félix Duportail, Maurizio Ferraris, Markus Gabriel, Wouter Goris, Virginie Greene, Jean-Baptiste Rauzy, Jens Rometsch, Nicholas Stang et Jean-René Valette.
Bertrand Tillier, Dérégler l’art moderne. De la caricature au caricatural, au XIXe siècle, Hazan, 2021
Depuis la Renaissance, les peintres ont pratiqué la caricature, d’abord comme un jeu d’atelier, puis comme une intervention politique et sociale à destination de l’opinion publique, à la faveur des Lumières et de la Révolution française. Tout au long d’un xixe siècle attaché aux normes, aux genres et aux hiérarchies, qui a été le siècle de la reproductibilité technique des images et de la densification de leur circulation, le champ artistique s’est trouvé confronté à l’inflation des images satiriques. Grimaçante et expressive, la caricature a connu une expansion inédite, qui a d’abord été perçue comme une menace pour la peinture, d’autant que Hogarth, Goya, David, Delacroix ou Daumier s’y adonnaient.
Progressivement, cet objet partisan et utilitaire, doté d’une faible légitimité artistique et culturelle, considéré comme ingrat et régressif, quand il ne passait pour vulgaire, a pourtant été disjoint de ses intentions initiales – le comique, la polémique et la critique –, pour devenir un langage formel. De la sorte, les procédés usuels de l’image satirique – la déformation, l’exagération, l’altération ou la condensation – se sont institués en moyens plastiques, selon un double processus de translation et de déterritorialisation qui caractérise aussi la modernité de Courbet, Cézanne ou Ensor.
Cet essai analyse comment, dans l’historiographie, la critique d’art et la pratique même des artistes, la caricature et son arsenal de dérèglements sont devenus, jusqu’au xxe siècle, le lieu d’invention du caricatural, comme en témoignent les œuvres de Rouault, Klee, Grosz, Picasso, Erró, Basquiat ou Combas.
Caroline Crépiat, Denis Saint-Amand et Julien Schuh (dir.), Poétique du Chat Noir, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2021
Suivez les pas du « Chat Noir » (à la fois cabaret, collectif, revue) dans l’ambiance montmartroise de la fin du XIXe siècle et (re)découvrez-le dans une étude centrée sur sa production écrite.
*
Malgré le regain d’intérêt, ces quinze dernières années, pour l’étude de la presse du XIXe siècle, un titre phare de la fin de siècle, Le Chat Noir, n’a jamais fait l’objet d’une étude approfondie en tant que journal. C’est en effet surtout à l’histoire de l’art ou de la culture montmartroise que nous devons la majorité des recherches sur ce périodique, qui est souvent réduit à une fonction d’archive. Ses textes, ses illustrations, relevant essentiellement de la blague, n’auraient guère d’intérêt, à l’exception des productions de quelques collaborateurs notoires – Paul Verlaine, Alphonse Allais, Léon Bloy, Caran d’Ache, Jules Jouy, Charles Cros, Willy, George Auriol, Adolphe Willette – qu’on a souvent détachées de leur contexte de publication original pour les mettre en recueil. Comment expliquer alors la longévité de cette feuille – quinze ans, 690 numéros – si son contenu était d’une telle indigence ? Ce livre se propose de poursuivre l’exploration du Chat Noir – entendu ici comme l’ensemble des pratiques qui s’organisent sous cet emblème : une revue, un cabaret et un collectif – en envisageant comme centrale la question de la production écrite. En somme, de prendre au « SÉRIEUX QUAND MÊME » les écrits d’un collectif qui, de façon systématique, tourne en dérision tout discours sérieux et les codes qui en découlent, et peut à ce titre aujourd’hui souffrir de sa réputation blagueuse.
Thelma Bocquet, Le Charme du microphone. Métamorphoses de la chanson dans la France des années 1930, UGA Éditions, 2021
Présentation
Le microphone est un exhausteur de son. Il permet à l’artiste, non pas de chanter plus fort, mais de baisser la voix. Il rend audible un chuchotement dans une grande salle de spectacle. Cet art de l’amplification sonore, encore balbutiant en France dans les années 1930, transforme radicalement le paysage musical et les codes de la performance vocale.
Quelques chanteuses et chanteurs d’avant-garde essaient d’apprivoiser le potentiel de l’instrument, tout comme les crooners américains une décennie plus tôt.Ils ajustent pour cela leur manière de chanter, tentent de répondre aux exigences de la technique par de subtiles adaptations. Souffle, gestuelle, diction, déplacements et expressions du visage se réinventent.
À la croisée de lectures socio-techniques, artistiques et historiques, ce livre propose d’explorer la façon dont le microphone et le corps de l’interprète se rencontrent, ouvrant ainsi la voie à la diversification musicale de la seconde moitié du XXe siècle.
Auteure
Diplômée de l’École des hautes études en sciences sociales, titulaire d’une licence en ingénierie et aujourd’hui professeure de chant, Thelma Bocquet offre un regard unique à l’intersection des arts, des sciences et des lettres.