Archives par mot-clé : histoire de la littérature

Parution – Toutes sortes de Misérables (Tiphaine Samoyault)

Toutes sortes de Misérables

Faut-il réécrire les classiques ?

Tiphaine Samoyault

Le Seuil

2026

Parution

À partir d’un souvenir de lecture d’enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l’étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu’à devenir l’un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question « Faut-il réécrire les classiques ? » apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives.
De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l’autrice montre qu’un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s’affranchir de son original.
Face à des polémiques souvent caricaturales opposant « cancel culture » et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l’enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l’indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n’est pas synonyme d’annulation, bien au contraire, puisqu’elle prolonge le plus souvent la vie des œuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.

Parution – À tout prix (Marie-Astrid Charlier, Chloé Delaporte, Marie-Eve Thérenty (dirs.))

À tout prix

Histoire et enjeux des récompenses culturelles

Sous la direction de Marie-Astrid Charlier, Chloé Delaporte et Marie-Eve Thérenty

Presses Universitaires de Vincennes

2026

Présentation

Premier livre à étudier les prix culturels, artistiques et médiatiques de l’espace francophone dans leur diversité (littérature, théâtre, cinéma, télévision, musiques populaires, art contemporain, bande dessinée, jeux vidéo), du XIX siècle à nos jours.

Aucun domaine n’échappe désormais à l’augmentation du nombre de prix culturels, qui croisent des intérêts esthétiques, économiques, sociaux et politiques.
À travers une pluralité d’approches (littérature, histoire de l’art, études cinématographiques et théâtrales, arts plastiques, sociologie, économie, sciences de l’information et de la communication), cet ouvrage propose une analyse comparée des prix littéraires et artistiques dans l’espace francophone, en examinant tant leurs modalités d’institutionnalisation que leurs effets sur les carrières, les œuvres, les publics et leur rôle dans la définition des normes.

Table des matières

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Parution – « Balzac nous appartient » (Judith Lyon-Caen)

« Balzac nous appartient »

Une histoire politique de la transmission littéraire

Judith Lyon-Caen

CNRS Éditions

2026

Présentation

De quoi Balzac est-il le nom ? D’un classique de la littérature française, d’un géant de la littérature mondiale, du poète de Paris, du romancier de la vie de province ? D’un révolutionnaire, d’un conservateur, d’un anti-moderne ? Rares furent les auteurs si diversement interprétés, disputés, revendiqués.
En s’intéressant aux mille manières d’« aimer Balzac », de le lire, de l’étudier, de se l’approprier ou simplement d’en parler, ce livre fait de Balzac le terrain d’une anthropologie de la transmission littéraire et l’objet d’une histoire politique. Des communistes aux fascistes, d’une célèbre lettre d’Engels à l’« aryanisation » des Éditions Calmann-Lévy transformées en 1942 en Éditions Balzac, des ténèbres des camps aux espoirs de l’après-guerre, l’auteur de la Comédie humaine a traversé toute l’histoire socio-politique du XXe siècle.
Judith Lyon-Caen suit non seulement le fil de la lecture des œuvres, mais aussi celui des gestes, des projets et des arrière-pensées de la transmission, les plus vains et les plus efficaces, ceux qu’on admire et ceux qui indignent. C’est une histoire de la mémoire dont les enjeux n’ont pas fi ni de regarder notre présent.

Parution – L’Archipel noir de la littérature russe (Catherine Géry)

L’Archipel noir de la littérature russe

Les écrivains russes étaient aussi des femmes

Catherine Géry

Hermann

2026

Présentation

Les noms d’Alexandre Pouchkine, Nikolaï Gogol, Ivan Tourguéniev, Fiodor Dostoïevski, Lev Tolstoï ou Anton Tchekhov sont depuis longtemps familiers des lecteurs du monde entier. Mais qui sait que ces «  monstres sacrés  » de la littérature russe ont côtoyé des écrivaines de talent qui furent célèbres en leur temps, et dont les œuvres sont entrées en interaction avec celles de leurs homologues masculins  ? Qui connaît les noms d’Anna Bounina, Elena Gan, Maria Joukova, Karolina Pavlova, Nadejda Khvochtchinskaïa, Olga Chapir, sans même parler de les avoir lues  ? Car il existe, dans la littérature russe du XIXe  siècle, un espace textuel riche mais encore à peine exploré, un dark continent resté longtemps ignoré de l’historiographie et de presque toutes les institutions littéraires. L’Archipel noir de la littérature russe invite à la (re)découverte de cet espace en explorant un autre passé littéraire possible.

L’ouvrage, en ce qu’il se veut tout autant informatif que critique, propose aussi une réflexion sur les mécanismes qui régissent l’écriture de l’histoire littéraire et les processus de canonisation. Le Texte féminin et l’analyse du grand récit de la littérature russe sont en effet les deux points aveugles des recherches menées en France sur la Russie  : en croisant les études de genre et l’histoire littéraire, culturelle, sociale et matérielle, L’Archipel noir de la littérature russe comble à la fois un vide de publication et un impensé de la russistique française.

Parution – Les traductions de la littérature de langue française en Europe centrale (dir. Antoine Marès et Clara Royer)

Les traductions de la littérature de langue française en Europe centrale

Flux, réseaux et circulation au XXe siècle

Sous la direction de Antoine Marès et Clara Royer

Presses Universitaires de Rennes

2026

Présentation

Quelles sont les destinées de la littérature de langue française au XXe siècle dans quatre espaces linguistiques de l’Europe centrale  : hongrois, polonais, slovaque et tchèque ? Pour répondre, l’ouvrage mobilise historiens, sociologues de la littérature, comparatistes, historiens littéraires et traducteurs afin d’élucider le contexte et les flux de traduction vers ces langues. Il présente les trajectoires de passeuses et passeurs centre-européens et il se penche sur des cas emblématiques de transferts littéraires (de Baudelaire à Romain Rolland en passant par Jules Verne). Au centre des antagonismes qui traversent la littérature mondiale, la traduction a pu être une pratique consolatoire, lançant un pont par-delà les conflits les plus sombres. Son étude contribue à la compréhension des relations entre l’Europe centrale et l’espace occidental à travers les crises, les conflits et les affrontements idéologiques qui ont marqué l’Europe de la fin du XIXe siècle à nos jours.

Publié avec le soutien du conseil scientifique de la faculté des lettres de Sorbonne université, de l’UMR 8224 EUR’ORBEM (CNRS-Sorbonne université) et du GDR 3607 Connaissance de l’Europe médiane (CNRS)

Parution – Une histoire littéraire de la Révolution française (Olivier Ritz)

Une histoire littéraire de la Révolution française

Olivier Ritz

Gallimard, Folio histoire

2026

Présentation

De la Révolution, on croit tout connaître, ses grands noms, ses grands textes et ses symboles. Mais que sait-on de la littérature à laquelle elle a donné lieu ? Peu de chose, en général, coincée qu’elle est entre les Lumières et le romantisme. Paradoxalement, pourtant, on n’avait jamais autant publié ni lu qu’à cette période, et peut-être même jamais autant débattu de littérature !
Condorcet, Mercier, Beaumarchais, mais aussi Manon Roland, Olympe de Gouges, Germaine de Staël ou encore Ann Radcliffe… Autant de figures qui sont prises dans le mouvement de l’histoire et s’en font l’écho dans leurs écrits. Avec elles, la littérature devient même une activité collective. Collective et engagée, tant il est vrai que les idées circulent avec les mots. La littérature de la Révolution se révèle à cet égard étonnamment innovante, du point de vue tant formel et stylistique que politique.
Pour raconter cette histoire, Olivier Ritz a passé méthodiquement en revue toute la riche production qui a paru jour après jour de 1788 à 1801, nous replongeant à hauteur d’hommes (et de femmes !) dans une histoire en train de s’écrire.

Parution – Les écrivains collaborateurs (Tristan Rouquet)

Les écrivains collaborateurs

Engagement, stigmate et postérité

Tristan Rouquet

CNRS Éditions

2026

Présentation

Les catalogues de prestigieuses maisons d’édition s’étoffent régulièrement d’inédits ou de rééditions d’écrivains célèbres mais compromis avec le régime de Vichy ou l’occupant nazi. Publier Céline, Drieu la Rochelle, Maurras ou encore Rebatet provoque des débats autour d’un retour de ces intellectuels maudits. La plupart de ces écrivains collaborateurs n’ont pourtant jamais quitté les étals des libraires.
Pour comprendre leur apparente résurrection, ce livre s’intéresse aux trajectoires sur le long terme de plus de deux cents d’entre eux. Loin d’être uniforme, le devenir de ces auteurs varie en fonction des condamnations prononcées à leur encontre, de leur âge, du genre littéraire qu’ils épousent. L’enquête de Tristan Rouquet met en avant l’ambivalence du stigmate de la collaboration, qui peut s’avérer être une contrainte (empêchement, rappel à l’ordre) ou une ressource (entre-soi, distinction subversive). Elle souligne des réactualisations qui assurent, matériellement et symboliquement, la sourde présence de ces auteurs. Ainsi, des logiques commerciales, intellectuelles et littéraires viennent concurrencer les seules considérations d’ordre politique. De sorte que, plus encore que le devenir de la collaboration intellectuelle, cet ouvrage éclaire les conditions d’accès à la postérité.

Appel à communications – Auctorialités augmentées en régime numérique

Auctorialités augmentées en régime numérique

Colloque international

02 et 03 juin 2026

Université Cergy Paris université et Paris Sorbonne

Échéance des propositions : 09 mars 2026

Organisation :

  • Alexandre Gefen (THALIM, CNRS)
  • AMarie Petitjean (Héritages, CY Cergy Paris Université)
Contenu de l’appel

Tout en prolongeant des pratiques d’écriture générative dont l’histoire excède largement l’ère numérique, les intelligences artificielles génératives — et en particulier les grands modèles de langage (LLM) — ont profondément reconfiguré les formes contemporaines de l’auctorialité. Par la création par prompt, l’assistance rédactionnelle, la réécriture automatisée ou la co-création mise en scène, émergent aujourd’hui des formes d’auctorialité déléguée, augmentée ou méta-auctoriale, dont les usages sont à la fois massifs, hétérogènes et encore largement sous-documentés.

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Appel à communications – La « Femmelette », figure d’une masculinité en crise ? Littérature, arts et effémination (1750-1950)

La « Femmelette », figure d’une masculinité en crise ? Littérature, arts et effémination (1750-1950)

22 juin 2026

ENS de Lyon

Échéance des propositions : 1 avril 2026

Organisation : 

  • Camille Islert (HiSoMA, ENS Lyon)
  • Nicolas Duriau (HiSoMA, ENS Lyon)
  • Raphaëlle Brin (IHRIM, ENS Lyon)
Contenu de l’appel

« Votre Lucien est un homme de poésie et non un poète, il rêve et ne pense pas, il s’agite et ne crée pas. Enfin c’est, permettez-moi de le dire, une femmelette qui aime à paraître, le vice principal des Français ». Ces mots que tient Daniel d’Arthez, type de l’écrivain de génie, à propos de Lucien de Rubempré, journaliste raté, dans Illusions perdues (Balzac 1837-1843), résument à eux seuls l’imaginaire misogyne qu’incarne la « femmelette ». L’homme ainsi désigné ne pense pas mais il sent, il paraît mais il n’agit pas. Cette passivité caractéristique est des plus explicites sous la plume des lexicographes : si l’expression réfère péjorativement, au sens premier, à « une femme d’un esprit très simple et très borné » (Académie 1762), elle s’emploie figurément, à partir de la fin du XVIIIe siècle, pour railler « un homme faible, sans énergie » (ibid. 1835) ; un « homme, sans énergie, mou, efféminé […] qui a les goûts d’une petite maîtresse » (Larousse 1872) ; un « homme qui a des manières féminines. C’est une vraie femmelette, comment supportera-t-il les fatigues de la guerre s’il est appelé à l’armée ? » (Littré 1874). Aussi tous les dictionnaires du XIXe siècle s’accordent-ils sur une même définition du terme : pour un homme, être une « femmelette » c’est manquer à son intégrité physique et morale en obéissant aux codes (apparence, habitudes, caractère) qui régissent la conduite du sexe opposé. Plutôt qu’à un individu particulier – l’homme efféminé –, le mot renvoie donc à un système de « valence différentielle » (Héritier 1996) déterminant deux modes d’existence entre les hommes et les femmes. Incompréhensible indépendamment des représentations sexuées et sexistes qui président à son usage, la « femmelette » invite à plusieurs questionnements :

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Appel à contributions – La célébrité littéraire : injonctions, dispositifs, négociations, 20e-21e siècles (Relief)

La célébrité littéraire : injonctions, dispositifs, négociations, 20e-21e siècles

Relief, vol. 21, n°2, 2026

sous la direction de Marceau Levin (Université de Toronto) et Jérôme Meizoz (UNIL Lausanne).

Date limite pour l’envoi des propositions : 31 mars 2026.

Remise des articles retenus : 1er septembre 2026

Publication : décembre 2026

Après le numéro 20 (juin 2026) consacré aux « écrivain·e·s face à l’impératif de célébrité » au 19e siècle, Relief invite à prolonger cette interrogation aux 20e et 21e siècles.  Le développement des pratiques culturelles dites « de masse » au cours du 20e siècle, ainsi que l’émergence de nouveaux médias, comme la radio et la télévision, transforment profondément les modalités de l’impératif de célébrité et les stratégies adoptées par les écrivains pour y répondre (Tudoret 2009 ; Meizoz & Vallotton 2018).

La recherche s’est déjà intéressée à l’impact de l’ère médiatique sur la littérature (Thérenty & Vaillant, 2001 ; Meizoz, 2020) ; à la représentation des écrivains dans les médias audio-visuels ; aux liens entre littérature et publicité (Guellec & Hache-Bissette, 2012) ; enfin à la naissance d’une poétique médiatique dans les productions littéraires (Thérenty, 2007).

Dans le sillage des travaux sur la médiatisation des écrivains et de leur essor depuis les années 2000, la question de la présentation publique de soi est désormais traitée dans la perspective de la « célébrité » (Lilti, 2014), de la « visibilité » (Heinich, 2012), de la « manifestation de soi » (Dewitte, 2010) ou de la « réputation » (Origgi, 2015), qu’il s’agisse des portraits photographiques d’auteurs, de leurs conduites publiques, des techniques de mise en scène de soi mais aussi de la ritualisation de genres comme l’entretien ou la conférence (Cornuz, 2016). De tels objets croisent les recherches sur les « postures » auctoriales (Meizoz, 2007, 2011, 2016) et sur « l’écrivain comme marque » (Thérenty & Wrona, 2020) auxquelles s’ajoutent des réflexions venues de l’art contemporain (Groys 2015) sur « l’auto-design », à savoir l’impératif d’image auquel sont soumis les artistes quant à leur œuvre et leur personne.

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