Archives par mot-clé : édition

Parution : Histoire de la censure en France (Laurent Martin)

Laurent Martin, Histoire de la censure en France, Paris, PUF, coll. “Que sais-je?”, 2022

La République démocratique, en France, garantit la liberté d’expression. Est-ce à dire que la censure n’y a plus cours ? N’existerait-elle pas sous de nouvelles formes ? Et si oui, quelle influence a-t-elle sur la société ?

Les censeurs ont toujours été attentifs aux moyens de diffusion des idées. Du XVIe au XVIIIe siècle, le contrôle de la parole affecta particulièrement l’édition. Il s’est porté ensuite, au XIXe, sur la presse et le théâtre. Puis ce fut au tour des médias audiovisuels d’être dans le viseur. Aujourd’hui, les autorités se préoccupent surtout des publications sur Internet…

Laurent Martin décrit l’histoire et le fonctionnement des appareils de contrôle culturel en France, leurs logiques et leurs acteurs, analysant les effets et contre-effets de ce contrôle sur la vie culturelle. Continuer la lecture de Parution : Histoire de la censure en France (Laurent Martin)

Journée d’études : Les fabriques de la traduction. Traduction et production populaire et médiatique (Université Paris Nanterre)

Journée d’études : Les fabriques de la traduction. Traduction et production populaire et médiatique

29 juin 2022, 10h-18h

Université Paris Nanterre, salle des Séminaire 1, Max Weber

La traduction, à la fois processus de transfert linguistique conditionné et objet culturel, a toujours joué un rôle essentiel tant dans la circulation des savoirs et des imaginaires que dans leur transformation. Sa pratique, quoique diversement exercée, conçue et réglementée selon les époques, a été confrontée à des normes et à des impératifs discursifs et commerciaux qui en ont souvent orienté non seulement la charpente linguistique, mais aussi la fonction culturelle, sociale et politique.
 
La journée d’étude « Les fabriques de la traduction. Traduction et production populaire et médiatique » est la première étape d’un projet de recherche international qui vise à interroger la pratique traductive à partir d’un corpus issu de la production culturelle populaire, en essayant de reconstruire, par le biais des archives éditoriales, les conditions matérielles de son exercice et en mesurer la portée culturelle et narrative.
 
Cette approche de l’étude de la traduction entend ouvrir à une meilleure compréhension des dynamiques de construction et de circulation transnationales des récits populaires et, en même temps, animer une réflexion théorique capable de repenser certaines notions centrales de la théorie de la traduction – fidélité, respect, équivalence… –, trop souvent établies exclusivement à partir de corpus de littératures « légitimes ». Car, comme l’a écrit Meschonnic (1990), « il y a du palimpseste dans la traduction », mais ce qu’on voit en grattant ce n’est pas le texte original, « c’est le traduire » : son historicité, le système discursif dans le cadre duquel il surgit et qu’il alimente, son potentiel créateur et sa relation à une poétique.

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Appel à contributions : La bande dessinée numérique (Espagne, Portugal, Amérique Latine) (Université ClerMont Auvergne)

Colloque international : La bande dessinée numérique (Espagne, Portugal, Amérique Latine) 

8 et 9 décembre 2022Université Clermont AuvergneCELIS (UPR 4280)

Échéance des propositions : 31 août 2022

La révolution numérique que nous vivons a modifié en profondeur le neuvième art tant en Europe qu’en Amérique Latine. L’invention d’un nouveau système technologique a alimenté la création numérique en bande dessinée (logiciels graphiques, tablettes, technologies web, etc.) et les auteurs, les éditeurs, s’appropriant ces nouvelles technologies, font preuve d’innovation (BAUDRY, 2018) dans deux directions qui peuvent paraître contradictoires : la standardisation et l’expérimentation.

Cet élargissement du champ de la bande dessinée, qui « recouvre des réalités croisées et protéiformes » (ESCANDE-GAUQUIE & SOUCHIER, 2011), pose la question des dépassements supposés de frontières, si l’on veut bien considérer la bande dessinée numérique du point de vue de son appropriation et de sa réception. Dépassement des frontières génériques, d’une part, dans la mesure où le numérique favorise la multimodalité – un des champs les plus dynamiques de la narratologie (RYAN, 2014) –, et ouvre sur de multiples possibilités inter et transmédiatiques ; dépassement des frontières d’audience, d’autre part, puisqu’elle offre la possibilité d’une expression et d’une communication « déterritorialisées », tout en étant propice à la création de petits espaces d’expression localisés, regroupant une communauté autour d’un intérêt commun.

Dans le prolongement du colloque de la Ghent University (« Comics strike back : Digital Comics, Digital Audiences, Digital Practices ») qui invite à « recadrer la bande dessinée numérique dans une perspective holistique qui rende compte des particularités du médium tout en parvenant à les placer dans un contexte plus large envisagé dans une perspective multidisciplinaire1 », le colloque international organisé à l’Université Clermont Auvergne (Clermont-Ferrand) mettra au centre de ses interrogations la création, les pratiques et les usages de la bande dessinée numérique de l’espace culturel ibérique et d’Amérique Latine, sans exclure toutefois d’autres productions dans une optique comparatiste.

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  1. « Comics strike back : Digital Comics, Digital Audiences, Digital Practices » : https://www.digitalcomics.ugent.be/call-for-paper/ []

Parution : D’encre et de papier : une histoire du livre imprimé (O. Deloignon, J.-M. Chatelain, J.-Y. Mollier)

Olivier Deloignon, Jean-Marc Chatelain, Jean-Yves Mollier, D’encre et de papier : une histoire du livre imprimé, Actes Sud, 2021. 

1455. Gutenberg et Fust se consacrent activement à « l’œuvre des livres » (Werck der bucher). Sous la plume d’un tabellion mayençais, cette mention marque de façon moins anodine qu’il n’y paraît les prémices d’une révolution majeure. Attesté quelques décennies plus tôt en Corée, le procédé typographique vient en effet d’être éprouvé à Strasbourg et donne le jour à la prestigieuse Bible « à 42 lignes ». C’est l’acmé d’une période d’expérimentations qui a conduit des premières impressions xylographiques aux livres en lettres mobiles. Puis tout ne sera que perfectionnements mais aussi tentatives de contrôle de la diffusion des savoirs et des idées, et règlementations. Au fil de plus de cinq siècles, les tirages et les éditions auront été multipliés sans discontinuer, faisant et défaisant les fortunes intellectuelles ou littéraires, comme financières.
Mais que savons-nous de l’histoire de cet objet prodigieux, fruit de l’esprit et de la rencontre d’innombrables savoir-faire ? S’offrant pour la réflexion autant que pour la rêverie, il est jugé tantôt chef-d’œuvre tantôt bien quelconque, couvert d’éloges ou de critiques, il peut être contrôlé, censuré parfois ; s’acquérant à grands frais ou pour presque rien, il est quelquefois volé, souvent collectionné, classé… mais aussi pilonné.
C’est cette histoire longue et complexe que trois spécialistes nous relatent au prisme des connaissances les plus récentes, et d’une riche et inédite iconographie. Ils nous rappellent que, de l’aube de l’imprimerie jusqu’au XXIe siècle, le livre n’a cessé de révolutionner les pratiques d’écriture et de lecture, de bouleverser les langues et l’univers des images, qu’il marque matériellement et idéologiquement les sociétés, les imaginaires, les mémoires. Et ils restituent avec subtilité et vigueur le rôle majeur du livre imprimé en un temps où la publication numérique pourrait substituer sa culture propre au règne sans partage du livre imprimé sur l’accès et la diffusion de la pensée.

Ouvrage publié sous la direction d’Olivier Deloignon.

 

Colloque international : Pour une loi de la biblio-diversité (Université de São Paulo)

Pour une loi de la biblio-diversité

13, 14 et 15 octobre 2021

Organisatrices

 

Institutions

Colloque intégralement en ligne. Disponible sur les chaînes de l’IEA et de la CBL.

Les communications se font en français et en portugais (avec traduction simultanée en français).

Présentation

Il y a quarante ans, le 10 août 1981, la loi Lang était promulguée en France. Aboutissement d’un long combat mené par les professionnels du livre, la loi sur le prix unique du livre a été adoptée à la quasi-unanimité par les deux Chambres, l’Assemblée nationale et le Sénat. Le livre est désormais vendu au même prix partout en France, avec un rabais limité à 5%, afin de préserver le réseau des librairies indépendantes et, par là-même, la création éditoriale.

La loi Lang a suscité des débats sur le prix unique (fixe) du livre à travers le monde, plus particulièrement dans des pays où la fragilité des librairies allait de pair avec la rareté des lecteurs et les incertitudes du marché. Aujourd’hui, le débat touche pleinement les professionnels du livre et le lectorat au Brésil. Le projet de loi « Politique nationale du livre et régulation des prix » (PL 49/2015), en discussion au Sénat, alerte sur les conditions de production, de commerce et de distribution du livre dans un pays qui se caractérise par son importante superficie, mais aussi par de fortes inégalités sociales.

Loi du prix unique (fixe) ou loi du prix commun ? Nous retiendrons plutôt « loi de la bibliodiversité ». La question a été débattue du point de vue économique, alors qu’elle a en fait une portée beaucoup plus large, puisque c’est aussi et surtout de politique culturelle qu’il s’agit.

En célébrant le 40e anniversaire de la loi Lang, nous souhaitons offrir un espace de débat, tout en renforçant les liens entre la France et le Brésil, afin d’appréhender les chemins pour la construction des politiques publiques du livre, à commencer par la régulation du marché de l’édition.

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Gaëlle Kovaliv (Université de Lausanne)

Diplômée en en français moderne et en sciences du langage à l’Université de Lausanne, Gaëlle Kovaliv étudie les conditions de production et de réception des œuvres de bande dessinées nativement numériques francophones. Sa thèse, entre sociologie et lettres, se concentre ainsi sur six axes de recherche : l’identité de ce nouveau médium, les conséquences de la disparition du filtre éditorial – notamment dans une perspective de genrée –, la place du lectorat, l’économie et le financement, le rôle des éditeurs papier et une comparaison internationale des formes de création et de diffusion. Cette recherche est principalement basée sur des entretiens menés auprès de créateurs et créatrices et par des témoignages provenant du monde professionnel de l’édition.

Dans le cadre du projet, Gaëlle Kovaliv a déjà co-rédigé plusieurs articles. Un glossaire bilingue des unités significatives de la bande dessinée avec Olivier Stucky, une étude de la forme des tables des matières des bandes dessinées numériques avec Anaïs Goumand et un article sur le genre, les media studies et la bande dessinée avec Léonore Porchet. Elle a également participé, avec Raphaël Baroni et Olivier Stucky, à la rédaction d’un article de synthèse sur les obstacles qui s’opposent à l’émergence de supports de publication numériques dans le contexte de la bande dessinée européenne et francophone. Elle vient de co-diriger la publication du dossier « Ce que la bande dessinée numérique fait à la bande dessinée » pour la revue Comicalités. Elle dirige actuellement un dossier consacré aux liens entre bande dessinée et réseaux sociaux pour le site de neuvième art.

 
Par ailleurs, Gaëlle Kovaliv est actuellement co-rédactrice en cheffe de la revue ComicalitésElle co-dirige également le festival de bande dessinée BDFIL.
 

Publications

Parution : Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne, éd. William Butcher)

Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mersÉdité par William Butcher, Presses Universitaires de Clermont-Ferrand, 2021. 

Vers février 1868, Jules Verne entame, presque sans repos, la rédaction de ce qui deviendra Vingt mille lieues sous les mers. Ce roman, qui commence à paraître treize mois plus tard, est sans doute le plus ambitieux des Voyages extraordinaires. La maîtrise vernienne se voit dans la grandeur des thèmes et dans le style, alternativement humoristique et majestueux. Vingt mille lieues figure parmi les livres les plus connus de tous les temps et parmi les textes classiques les plus vendus en toute langue.
William Butcher nous livre la relation qui se joue entre Jules Verne et son éditeur Hetzel, deux visions du roman qui s’affrontent, et révèle les nombreuses modifications contraintes contribuant à la naissance d’une première édition sous une forme fortement modifiée de celle du manuscrit, au point que l’auteur exprime des regrets amers pour les idées originales. Son brouillon contient ainsi de larges sections inédites, abondamment citées dans ce volume, qui transmettent un message esthétique, politique et idéologique méconnu.

 

Appel à contributions : Publier la littérature (revue Itinéraires)

“Publier la littérature”

Revue Itinéraires. Textes, littératures, cultures

Échéance de soumission des articles (version 1) : 15 septembre 2021

Numéro dirigé par François Demont, Romain Bionda et Mathilde Zbaeren

Ce que plusieurs chercheurs et chercheuses ont appelé « la littérature hors du livre » (Rosenthal et Ruffel 2010 et 2018) occasionne aujourd’hui des changements profonds à l’idée même de « littérature », dans la mesure où l’on considère que celle-ci peut très bien être produite, publiée et reçue dans des contextes qui lui confèrent des parentés troublantes avec les arts de la performance. Outre qu’elle demande de nouvelles collaborations entre certaines disciplines (en particulier les études littéraires et théâtrales), la situation contemporaine permet peut-être de voir que ces liens existaient déjà par le passé, et invite par là à réévaluer la dimension performative de la littérature des siècles précédents. C’est ce double regard sur le présent et le passé, même très ancien, que ce dossier entend engager, dans une ouverture sur toutes les littératures.

Les formes d’« écritures » contemporaines débordent largement le périmètre de ce qu’on appelle la « littérature ». Celle-ci excède parfois les limites posées en son temps par Nelson Goodman ([1968] 2011) : art à une phase (celle de son écriture), de régime allographique (qu’on ne peut pas contrefaire), dont l’« exécution » (l’écriture) précède toujours l’« implémentation » (sa publication et sa lecture). Autrement dit, la manière dont les textes « entre[nt] dans la culture » (Goodman [1984] 2009) gagne à être réinterrogée. De fait, l’« œuvre » de l’écrivain·e peut être « manifestée » – diversement – par des « objets » (Genette [1994] 2010) autres que le livre. La question de la publication gagne ainsi à être abordée dans son acception la plus large possible, comme la rencontre potentielle ou actualisée d’une œuvre (ou d’une partie de l’œuvre) avec un public. Celle-ci n’est pas nécessairement livresque, mais peut aussi intervenir via l’enregistrement, l’exposition ou la performance, par exemple.

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Parution : L’Arc et le Heaume, hors-série n°2, “Conversations avec J.R.R. Tolkien”

L’Arc et le Heaume — Hors-série n°2 — Conversations avec J.R.R. Tolkien

 Association Tolkiendil, 2021.

Le 29 juillet 1954, 17 ans après la parution du Hobbit, paraît en Angleterre La Fraternité de l’Anneau, le premier volume du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, suivi en novembre 1954 et octobre 1955, des volumes Les Deux Tours et Le Retour du Roi. Le succès, bien qu’au rendez-vous, est modeste, à l’image d’autres bestsellers de l’époque. Pendant environ dix ans, les éditions Allen & Unwin rééditent les trois volumes jusqu’à parvenir à environ 275 000 exemplaires produits entre 1954 et 1965 pour les marchés anglais et américains. En 1969, ce nombre était estimé à près de 3 millions de copies, une explosion qui marque le début de la popularité croissante de Tolkien et un virage médiatique qui font suite, notamment, à la parution d’une édition pirate publiée aux USA par Ace Books en 1965. Cette popularité remarquée se traduit ainsi par un nombre croissant de lettres, d’appels téléphoniques (parfois en pleine nuit !), mais également de demandes d’interviews de la part de différents médias. Ainsi, pour la seule décennie 1960, Tolkien répond à une quinzaine d’interviews, sur la vingtaine connue, des interviews dans lesquels ses fans ont l’opportunité d’en apprendre plus sur sa vie d’écrivain, son œuvre et ses centres d’intérêt ! En tout cas, ses fans anglophones. Car bien que les premières traductions françaises du Hobbit et du Seigneur des Anneaux paraissent respectivement en 1969 et 1972-1973, son succès reste confidentiel en France et aucune interview n’est menée dans notre langue. C’est pourquoi, il nous a paru intéressant de traduire et publier des interviews pour le lectorat français.

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Parution : The Frankenstein Notebooks. Part Two Draft Notebook B and Fair-Copy Notebooks C1 and C2 (éd. Charles E. Robinson)

The Frankenstein Notebooks. Part Two Draft Notebook B and Fair-Copy Notebooks C1 and C2, édité par Charles E. Robinson, Routledge, 2021. 

Mary Shelley’s Frankenstein is arguably the best known work of the English Romantic period. First published in 1996, this edition of The Frankenstein Notebooks contains not only facsimiles and transcriptions of all of surviving manuscripts related to the novel and a corrected, critical text of Frankenstein (or The Modern Prometheus) but also a full range of factual information, drawn from Shelley’s and William Godwin’s letters and journals, from newspaper ads of the day, and from other available scholarship about the conception, gestation, and birth of Mary Shelley’s monster.

This two volume set contains a wealth of information vital to the creation and reception of Frankenstein. It will enable scholars, critics and students to see for themselves the exact extent of P. B. Shelley’s editorial contributions and trace the artistic and ideological development of the novel at various stages in its formation. It will also enable the reader to explore the text itself to test and evaluate their own theses. Part two contains the draft notebook B, which was written between December 1816 and April 1817, and the fair-copy notebooks which were compiled between April and May 1817.

This set will be of keen interest to those studying Frankenstein, the Romantics and 19th century literature.

Table of Contents:

The Frankenstein Notebooks: Photofacsimiles and Transcriptions; Appendix A: Parallel Texts of Draft and Extant Fair Copy; Appexndix B: Parallel Texts of PBS and MWS Fair Copies; Appendix C: Photofacsimiles of the Cyrus Fragment