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Appel à contributions (Journée d’études) – PopCartographie. Cartes et culture populaire (XIXe-XXIe siècle)

PopCartographie. Cartes et culture populaire (XIXe-XXIe siècle)

10 avril 2026

BnF, site François Mitterrand, Petit Auditorium

Échéance des propositions : 10 novembre 2025

Organisé par Catherine Hofmann (BnF)

La cartographie est aujourd’hui populaire à double titre : elle trouve un écho auprès d’un large public, au-delà de son utilité pratique ; et elle n’est pas seulement une affaire de spécialistes. Si par « culture populaire » on entend les productions diffusées par les industries culturelles depuis l’essor du roman-feuilleton, on constate que le lien entre cartographie et culture populaire n’a fait que se renforcer avec la montée en puissance des médias visuels, des séries télévisées et des jeux vidéo. Les cartes sont souvent au cœur de dispositifs narratifs transmédiatiques, une stratégie qui déploie un univers ou une histoire sur plusieurs médias complémentaires et qui invite le public à explorer ces différents supports pour une expérience enrichie.

Les cartes de mondes imaginaires – de la Terre du Milieu dans Le Seigneur des Anneaux à Westeros dans Game of Thrones – deviennent des repères affectifs, des supports d’identification. Elles permettent aux publics de s’orienter dans des récits complexes, de s’approprier des territoires fictifs, et d’y projeter des valeurs, des désirs ou des peurs collectives. Cette fonction est renforcée par les pratiques de fans qui produisent et partagent leurs propres cartes, témoignant ainsi d’une appropriation active des œuvres. Certaines œuvres issues de la culture populaire détournent ou réinventent les codes cartographiques pour critiquer les inégalités sociales ou les dominations culturelles. En ce sens, la cartographie véhiculée par ces œuvres participe pleinement à une « éducation du regard » (S. Laugier) et à un partage d’expériences singulières qui trouvent leur voix dans l’espace démocratique.

Textuelles ou visuelles, statiques ou animées, les productions de la culture populaire accueillent largement les cartes.

  • Dans les séries télévisées contemporaines, la cartographie joue un rôle essentiel dans la construction narrative et l’immersion du spectateur. Elle contribue à ancrer l’univers fictif dans une géographie cohérente, permettant au spectateur de suivre les déplacements des personnages et de saisir les enjeux géopolitiques.
  • Des romans d’aventures, la mythologie de la « carte au trésor » passe dans les grandes franchises cinématographiques comme Indiana Jones. L’aventure implique un déplacement dont l’impulsion est souvent une carte, guidant le héros confronté à des événements extraordinaires qui le poussent au dépassement de soi.
  • Les littératures de l’imaginaire (fantasy, science-fiction, fantastique) s’écartent du réel pour construire des mondes secondaires – merveilleux, fantastiques ou futuristes – dotés d’une géographie propre que la cartographie sert à matérialiser, en offrant un repère spatial aux quêtes et aux péripéties.
  • La littérature jeunesse mobilise fréquemment la carte comme dispositif initiatique et pédagogique. Loin d’être de simples annexes, les cartes participent à la construction du sens, de manière à la fois ludique et formatrice.
  • Dans la bande dessinée, la cartographie fonctionne comme un prolongement du dessin narratif. La planche elle-même peut être lue comme une forme de carte, organisant l’espace et le temps de façon visuelle.
  • Le domaine ludique regorge de cartes. Les jeux de société utilisent les cartes comme plateaux de jeu, et les jeux de rôles s’appuient sur des cartes pour représenter les mondes explorés par les joueurs. Le jeu vidéo est sans doute le médium où la cartographie est la plus interactive. Les « mondes ouverts » de Zelda ou Assassin’s Creed proposent des cartes dynamiques, explorables, modifiables, qui font partie intégrante de l’expérience de jeu. Ces cartes ne sont pas de simples décors : elles déterminent les stratégies, conditionnent la liberté d’action du joueur et manifestent la progression de l’action. La cartographie vidéoludique met ainsi en œuvre une expérience spatiale active, où le joueur devient co-créateur du monde parcouru.
  • Enfin, la cartographie s’introduit jusque dans la musique, où elle est mobilisée dans les clips vidéo pour créer du récit, construire un univers entourant un groupe, perpétué de chanson en chanson, ou faire passer un message social.

Les propositions de communications s’articuleront autour de trois axes :

  1. Les cartes dans les œuvres issues de la culture populaire

On s’attachera ici à repérer et à analyser la présence et la signification des cartes dans les œuvres issues de la culture populaire. On s’intéressera principalement aux « cartes imaginaires », créées pour les besoins du récit, à leur empreinte visuelle, leur répertoire graphique et leur réutilisation des codes et symboles cartographiques. Cette approche permettra d’interroger les sources d’inspiration de ces cartes, leur rôle dans l’économie de l’œuvre, les raisons qui ont motivé leur introduction, enfin, leur réception et leur usage.

  1. La cartographie comme pratique amateure

De nombreux passionnés de fiction, de jeux ou d’histoire créent des cartes de mondes imaginaires, réalistes ou fantastiques, inspirées de leurs lectures ou pour accompagner leurs propres récits. On examinera ici surtout le phénomène des fandom maps (cartes créées par les communautés de fans) comme une sous-catégorie émergente des fan studies, afin d’évaluer la place des cartes dans le processus de réappropriation créative des univers fictionnels que les fans contribuent ainsi à co-produire.

  1. La carte comme paradigme de la fiction populaire

Si le premier axe était dédié à la cartographie de fiction, aux cartes présentes dans les œuvres ou inspirées par elles, aux cartes comme paratextes littéraires ou ludiques, ce dernier axe envisage la carte à la fois comme modèle du processus créatif et comme méthode de lecture. Ceux-ci apparaissent dès lors comme une « mise en carte » de la matière narrative. La carte est considérée ici comme une matrice particulière qui structure l’œuvre et oriente son appropriation par le public. Dans le sillage de Franco Moretti, qui a théorisé la géographie littéraire, on peut ainsi cartographier l’espace du roman, en suivant les lieux des intrigues et des personnages.

Modalités pratiques

Les propositions de communication (environ 1500 signes), accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer avant le 10 novembre 2025 à l’adresse suivante : catherine.hofmann@bnf.fr“>catherine.hofmann@bnf.fr.

Le comité de sélection se réunira mi-novembre et communiquera les résultats de l’appel à communication début décembre.

Les communications retenues auront vocation à être publiées dans un numéro de la revue du Comité français de cartographie, Cartes & Géomatique, au courant de l’année 2027.

Bibliographie indicative

– Sandra Laugier, « Vertus ordinaires des cultures populaires », Critique, n° 776-7, 1/2012, p. 48-61

– Marta Boni (dir.), World Building: Transmedia, Fans, Industry, Amsterdam University Press, 2017

– Franco Moretti, Atlas du roman européen, 1800-1900, trad. fr., Paris : Seuil, 2000

– Anders Engberg-Pedersen (dir.), Literature and cartography: theories, histories, genres, Cambridge MA, Londres: The MIT Press, 2017

– J.-M. Besse et G. Tibergien (dir.), Opérations cartographiques, Arles : Actes Sud, 2017, p. 309-319

– Julie Garel-Grislin, « Les coordonnées de la fiction : ce que la carte fait au récit », Revue de la BnF, dossier « Worldbuilding », n° 59/2019, p. 22-30

– M@ppemonde, n° 118/2016, dossier sur les relations entre cartes et récits, [en ligne] https://mappemonde.mgm.fr/rubriques/118/

Parution : Futurs POP. Perspectives de la recherche en cultures populaires et médiatiques

Simon Bréan, Aurélie Huz, Alice Jacquelin et Matthieu Letourneux (dirs.), Futurs POP. Perspectives de la recherche en cultures populaires et médiatiques, Presses Universitaires de Paris Nanterre, 2025

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Séminaire : Les coups ont un genre. Études croisées autour de la gifle dans les romans policiers (1945-1989)

28 mai 2025 – Université Paris Nanterre

Horaires : 9h30-12h30 (séminaire) ; 14h-17h (réunion de travail)

Bâtiment FC – Salle BFC R06

Dans le cadre de l’ANR POLARisation, Camille Bouzereau (Université Paris Nanterre), Adam Faci (Humanum), Laetitia Gonon (Université de Rouen) et Sybila Guéneau (EHESS) organisent, le 28 mai 2025 à l’Université Paris Nanterre, un séminaire de recherche autour de la gifle dans le roman policier. Ce séminaire croise quatre disciplines (informatique, linguistique, littérature, stylistique) autour d’un vaste corpus (3015 romans policiers) et d’un objet d’étude (la gifle).

ANR POLARisation

L’ANR POLARisation vise à saisir la montée en puissance en France, entre 1945 et 1989, des récits criminels qui circulent au cœur de l’imaginaire social, irrigué par les industries créatives[1] (Artiaga, Letourneux 2022). Pour cette ANR, le corpus d’étude est composé de 3015 romans policiers publiés en France, sur la période 1945-1989, avec un intérêt particulier pour les collections éditoriales (Série Noire, Série Blême, Spécial Police, Espionnage, Le Masque, Mystère, Engrenage, Miroir Obscur). Ce corpus est considérable (200 millions de mots) aussi bien pour la recherche sur les cultures populaires et médiatiques (Migozzi 2005, Thérenty 2019, Artiaga et Letourneux 2022) que pour la recherche en textométrie littéraire (Brunet 2003, Magri 2006, Gonon et al. 2018).

Ce corpus est exploitable sur des logiciels de textométrie (TXM, Hyperbase, Iramuteq) et permet de développer des études qui articulent les approches quantitatives et qualitatives (Mayaffre 2010). Plus précisément, ce corpus vise à décrire :

  1. Les mots qui font le commun du genre policier,
  2. Les mots qui font les spécificités d’une collection ou d’une maison d’édition selon la période concernée.

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Hommage à Dominique Pasquier

C’est avec une profonde tristesse que le bureau de la LPCM a appris la disparition de Dominique Pasquier, spécialiste de la télévision et de ses réceptions populaires, survenue le 8 avril 2025.

Ses travaux imprègnent largement les recherches menées par bien des membres de la LPCM. Plus de vingt-cinq ans après sa parution, La Culture des sentiments, l’expérience télévisuelle des adolescents continue de saisir par son ambition : Dominique Pasquier s’est notamment attelée à la lecture des milliers de lettres envoyées par les jeunes téléspectatrices d’Hélène et les garçons au groupe audiovisuel qui produisait la série. Cet ouvrage sensible a une résonnance particulière pour la génération de chercheur·ses né·es dans les années 1980, qui a grandi avec la télévision d’AB Productions. Mais au-delà de son objet spécifique, il est frappant de constater à quel point ses méthodes et ses conclusions restent d’actualité dans le contexte des usages numériques de la réception.

Dominique Pasquier lègue à ses successeur·ses une certaine éthique de la recherche, fondée sur une étude des médias attentive à leurs aspects populaires (comme les animateurs d’émissions de variété et de jeux), mais aussi à leurs usages intimes et sociaux ainsi qu’à à leur intégration dans l’expérience ordinaire. Elle a su, de même que sa collègue Sabine Chalvon-Demersay, déceler « le caractère si particulier de la télévision, un média qui s’inscrit et se fond dans les routines quotidiennes du foyer[1] », et, contre l’illusion d’une homogénéité des publics, analyser avec une grande justesse les variations des pratiques liées à la classe, à l’âge, au genre. Nous retiendrons tout particulièrement son rôle de passeuse de théories et de travaux anglophones, sa générosité ainsi que l’humilité de ses pratiques de recherche, très souvent collectives, à hauteur de téléspectateur·rice et éloignée de tout regard surplombant.

Compte tenu de son goût pour le défrichage des médias en déficit de légitimité, il n’est guère étonnant que Dominique Pasquier ait ensuite élargi ses recherches aux nouvelles technologies qui se sont installées dans les foyers, à travers des travaux sur la critique filmique amateur en ligne ou sur les usages du numérique parmi les classes modestes, et en accordant une attention toute particulière aux cultures numériques juvéniles. Nous souhaitons saluer son engagement fervent en faveur des publics populaires et la lutte qu’elle menait contre la fracture numérique au sein du Conseil national du numérique.

Le bureau de la LPCM adresse toutes ses condoléances à sa famille, à ses proches et à ses collègues.

Anaïs Goudmand, présidente de la LPCM, pour le bureau

Victor Faingnaert, pour le comité d’organisation du séminaire de la LPCM

Bibliographie sélective

Dominique Pasquier et Sabine Chalvon-Demersay, « Les animateurs de télévision », Réseaux, 28-1, 1988, p. 55-111.

Dominique Pasquier, La Culture des sentiments, l’expérience télévisuelle des adolescents, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1999.

Daniel Cefaï et Dominique Pasquier (dir.), Le sens du public, Paris, Presses Universitaires de France, 2003.

Dominique Pasquier, Cultures lycéennes. La tyrannie de la majorité, Paris, Éditions Autrement, coll. « Mutations », 2005.

Dominique Pasquier, Valérie Beaudouin et Tomas Legon, Moi, je lui donne 5/5. La critique amateur en ligne, Paris, Presse des Mines, 2014.

Dominique Pasquier (dir.), Explorations numériques. Hommages aux travaux de Nicolas Auray, Paris, Presses des Mines, 2017.

Dominique Pasquier, L’internet des familles modestes : Enquête dans la France rurale, Paris, Presse des Mines, 2018.

Dominique Pasquier et Frank Revillard (dir.), « Télévision : les publics », Réseaux, n°229, 2021/5.

Dominique Pasquier et Frank Revillard (dir.), « Télévision : industrie et programmes », Réseaux, n°230, 2021/6.

Dominique Pasquier et Anne Barrère (dir.), « L’école au temps des tutos », Éducation et Sociétés, n°53, 2025/1.

[1] Dominique Pasquier, « Les publics, entre usages de la télévision et réception des programmes », dans Dominique Pasquier et Frank Revillard (dir.), « Télévision : les publics », Réseaux, n°229, 2021/5, p. 34.

Journée d’accélération: “quartiers populaires, industries culturelles et démocratisation de la créativité”

Quartiers populaires, industries culturelles et démocratisation de la créativité

7 mai 2025

Le Tambour (Université Rennes 2, Pl. Recteur Henri le Moal, 35000 Rennes)

Organisé par Sami Zegnani (Université Paris 8) et Ulysse Rabaté (Université Rennes 1)

Longtemps absentes et marginalisées, les formes culturelles propres aux quartiers populaires font désormais partie intégrante du paysage culturel français. Ces quartiers sont aujourd’hui des foyers majeurs de créativité, devenant des acteurs essentiels des Industries Culturelles et Créatives (ICC). Parmi ces domaines, la culture hip-hop – musique rap, danse, graffiti, DJing – mais aussi le théâtre, le cinéma et les pratiques d’écriture (autobiographies, littérature) témoignent d’une effervescence artistique riche de récits, d’expériences et de prises de parole sur les rapports sociaux et les luttes quotidiennes.

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Appel à communications : Traduction et musique : un dialogue interdisciplinaire

Traduction et musique : un dialogue interdisciplinaire

29 juin au 1er juillet 2026

Westsächsischen Hochschule Zwickau (Allemagne)

Échéance des propositions : 15 mai 2025

Organisé par la Westsächsischen Hochschule Zwickau, en coopération avec l’Université Polytechnique Hauts-de-France

 

La traduction multimodale de chansons présente un défi particulier, car elle doit prendre en compte non seulement les aspects linguistiques mais aussi culturels, musicaux, juridiques et économiques. Dans un monde globalisé où la musique est souvent partagée au-delà des frontières linguistiques et culturelles, la dimension interculturelle de la traduction des chansons devient de plus en plus importante.

Ce colloque offre une plate-forme de discussion interdisciplinaire permettant aux chercheuses et chercheurs de différents domaines d’explorer et de discuter des diverses facettes de la traduction de chansons.

Les contributions peuvent être des d’études de cas, des analyses diachroniques ou prendre d’autres formes. Continuer la lecture de Appel à communications : Traduction et musique : un dialogue interdisciplinaire

Parution : Popular Culture/Mass Culture (Contemporary French and Francophone Studies, 29/1)

Loïc Artiaga et Roger Celestin (dirs.), Popular Culture/Mass Culture, volume 29/1 de la revue Contemporary French and Francophone Studies, 2025.

Sommaire

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Appel : Monographs and edited collections for the new horror series “Terror: Estudios Criticos”

Call for Proposals of Monographs and Edited Collections for the new Horror Series “Terror: Estudios Críticos”, publication in 2026.

Date limite de soumission : 31 décembre 2025

The University of Cadiz (Spain) is happy to present you the call for papers for the first-ever book series on Horror Studies in Spain: “Terror: Estudios Críticos.” The volumes (one per year) in the series will deal with research and analysis of horror in any media: cinema, literature, video games, comics, etc. Any theoretical framework is welcome, including history, sociology, gender studies, philosophy, ecology, trauma studies, adaptation studies, etc. All the proposals must be in Spanish and the collection focuses on global horror in any era. We are currently looking for our 2026 publication.

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Appel : Virtual Queer Horror Conference

8 février 2025
University of Pittsburgh (Pennsylvania, USA).
Date limite de soumission des propositions : 8 décembre 2024.

From Gothic monstrosity in the 18th century to “kill your queers” in the 21st; from repression to the legacies of violence, rage, and trauma; from creating safe, often beautiful spaces to discuss fear and dread to the “death perception” that comes with a close, long, and personal knowledge of decay, destruction and the impact of time…queerness has been intimately associated with horror from the earliest iteration of the genre. 

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