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Appel à communications – Saisies littéraires, artistiques et médiatiques du mystère au tournant du XXe siècle

Saisies littéraires, artistiques et médiatiques du mystère au tournant du XXe siècle (1870-1914)

Université Paris Cité

14 et 15 mai 2027

Échéance des propositions : 15 novembre 2026

Organisé par :

  • Alexia Kalantzis
  • Marc Vervel
Contenu de lʼappel

 Le tournant du XXe siècle apparaît comme un moment de transition radicale pour la littérature. Cette époque de fixation et de cristallisation de l’idéologie littéraire républicaine, de patrimonialisation et de canonisation des grands auteurs, de sacralisation du texte alors que la presse triomphe et que s’affermissent les rouages de la culture médiatique, est notoirement associée à une coupure radicale du champ entre littérature de grande diffusion et de diffusion restreinte. C’est le temps du journal à grand tirage et de la revue de prestige à tirage limité, du Petit Parisien et de la Revue blanche – époque de bouillonnement artistique et médiatique, où se succèdent les mouvements d’avant-garde, où la culture médiatique affirme sa puissance, où les stratégies des acteurs se déploient à l’intérieur d’un écosystème fortement polarisé.

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Parution: Jean-Yves Mollier, La mise au pas des écrivains

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Jean-Yves Mollier

La mise au pas des écrivains : L’impossible mission de l’abbé Bethléem au XXè siècle

Fayard • ISBN : 9782213666105 • 512 pages • 26 €

L’abbé Bethléem est un peu connu pour avoir publié en 1904 un brûlot, Romans à lire et romans à proscrire, futur best-seller. Mais la force de frappe de son magazine culturel, la Revue des Lectures, qui parvint à s’imposer dans l’entre-deux-guerres auprès de la NRF, de la Revue des Deux Mondes ou du Mercure de France, l’est beaucoup moins. Ce grand intellectuel catholique, soutenu par le Saint-Siège, fut par exemple la bête noire des surréalistes qui refusaient ses oukases, et il n’hésita pas non plus à s’attaquer à Gide ou à Mauriac. Après sa mort, il inspira la loi du 16 juillet 1949 sur les publications pour la jeunesse qui empêcherait les jeunes éditeurs Pauvert, Losfeld ou Tchou, voire Régine Deforges, de publier Sade et les auteurs maintenus dans l’Enfer de la Bibliothèque nationale.

J.-Y. Mollier raconte avec brio l’histoire de cet abbé chargé de mettre au pas les écrivains –y compris catholiques au XXe siècle, et de les contraindre à respecter les lois relatives aux bonnes mœurs. Menacée dans ses certitudes et ses croyances à l’époque de l’Encyclopédie, l’Église souhaitait reconquérir les âmes perdues et traquer le Mal. L’abbé Bethléem s’attaqua au roman, au théâtre, à l’opéra, à la bande dessinée, à l’annonce publicitaire et enfin au maillot de bain féminin, pourtant bien loin du sulfureux bikini de l’après-Seconde-Guerre mondiale. Fondé sur un important dépouillement d’archives et de journaux, cet ouvrage édifiant montre que la censure, présente encore au XXIe siècle, toujours refuge de tous les extrémismes, doit beaucoup à l’abbé Bethléem et à l’Église catholique.