Archives par mot-clé : bande dessinée

Conférence: De Christophe à Hergé, la bande dessinée d’un support à l’autre (15 juin)

Conférence

Matinées du patrimoine

De Christophe à Hergé, la bande dessinée d’un support à l’autre

Par Sylvain Lesage

La prochaine conférence des Matinées du patrimoine, cycle de communications organisé par le Centre national de la littérature pour la jeunesse-La Joie par les livres (BnF), aura lieu vendredi 15 juin, de 9h30 à 12h30.

Sylvain Lesage (chercheur associé à la BnF, doctorant au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines de l’Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines, ATER à l’Université François-Rabelais de Tours) interviendra sur le sujet suivant: “De Christophe à Hergé, la bande dessinée d’un support à l’autre”.

L’entrée est libre sur inscription obligatoire auprès de Marion Caliyannis: marion.caliyannis@bnf.fr

Fondation du Crédit Mutuel pour la Lecture. Salle des conférences. 88 rue Cardinet, Paris 17e. Métro Malesherbes (ligne 3).

Call for Papers – International French-Language Comics Conference

Call for Papers

International French-Language Comics Conference

Miami University (Oxford, Ohio, U.S.A.)

2–3 November 2012

Papers

Critical and theoretical presentations in all areas of French-language comics are invited. The conference will help consolidate recent gains in English-language scholarship on French-language comics and will showcase new avenues of research. Publication of revised versions of a selection of the conference papers is planned in the peer-reviewed journal European Comic Art (http://journals.berghahnbooks.com/eca/).

Proposals

Please send the following material in a Word document (doc or docx) to Mark McKinney (mckinnm@muohio.edu) by 25 July 2012: a 150-word abstract and a 100-word bio-bibliography. All presentations will be in English.

Keynote speakers

Clément Baloup, a cartoonist of Vietnamese and French heritage, has published several graphic narratives devoted to Vietnamese and other groups in France and elsewhere from the colonial period to the present. These include two historical fictions, both with Mathieu Jiro: Le chemin de Tuan [Tuan’s Way] (Seuil, 2005) and Le choix de Hai [Hai’s Choice] (Seuil, 2007).He has authored two biographical works, Quitter Saigon: Mémoires de Viet Kieu [Leaving Saigon: Memories of Viet Kieu] (La Boîte à Bulles, 2006, 2010)and Little Saigon: Mémoires de Viet Kieu (La Boîte à Bulles, 2012), which respectively tell the stories of Vietnamese emigrants to France and the United States. Baloup has also published Un automne à Hànôi [An Autumn in Hanoi] (La Boîte à Bulles, 2004), about his time at the fine arts school of Hanoi. He earned degrees in art at the École Européenne Supérieure del’Image in Angoulême, France, and at the École des Beaux-Arts de Hanoï, in Vietnam.

Thierry Smolderen is professor at the Ecole Européenne Supérieure de l’Image in Angoulême, where he has been teaching since 1994, and where hecoordinates a Masters degree program in comics, together with the University of Poitiers. Among his many publications are Hergé, portrait biographique [Hergé, A Biographical Portrait] (with Pierre Sterckx; Casterman, 1988), and the recent Naissances de la bande dessinée, de William Hogarth à Winsor McCay [The Birth of Comics: From William Hogarth to Winsor McCay] (Les Impressions nouvelles, 2009), which explores the beginnings of the art form from the eighteenth through the early twentieth centuries, and is forthcoming in English translation with the University Press of Mississippi. He was a frequent contributor to Les Cahiers de la bande dessinée and Neuvième art. Professor Smolderen has curated numerous comics exhibitions in France and Belgium. He is also an accomplished script-writer of comics.

Registration

Presenters who do not have an up-to-date subscription to European Comic Art will be asked to subscribe with Berghahn. There will also be a reasonable registration fee to pay for conference meals. Information about these fees and about lodging options will be forthcoming.

Sponsors

Sponsors at Miami University include the L.P. Irvin Fund of the Department of French and Italian, the Miami University Special Events Fund, the Humanities Center, the International Visiting Scholar Exchange Fund (from the Office of International Education), Honors and Scholars Program, the International Studies Program, the Department of GREAL, and the Center for American and World Cultures.

Journée d’études – Bande Dessinée et Histoire (20 juin)

Mercredi 20 juin 2012, ENS Lyon

Bande Dessinée et Histoire – Journée d’études

Mercredi 20 juin 2012 – ENS Lyon – Amphithéâtre

9H-12h – Clio en case : Lire et comprendre l’Histoire par la BD

9h-9h15 : Accueil, présentation des intervenants et introduction aux enjeux de la journée

1ère Session : 9h15-10h30

Sylvain Lesage (UVSQ) : « La bande dessinée : une culture populaire ? »

Laurent Regard (Lyon 3) : « Avènement du témoin et délitement de l’évènement. Ce que la BD fait de/à l’histoire »

* Discussion

2ème Session : 10h30-12h

Matthieu Devigne (Paris-Sorbonne) : « Les Gaulois parlent aux Français. Les albums d’Astérix, un miroir de la France de la Ve République ? »

Philippe Delisle (Lyon 3) : « Un imaginaire colonial “franco-belge”: les hebdomadaires Spirou et Tintin des années 1930-1950 »

* Discussion

15h-16h45 – L’Histoire et ses guerres dans la BD

15h00-15h30 – Tristan Martine (ENSL) : « Les représentations de la guerre dans la Bande Dessinée»

15h30-16h15 – Matthieu Devigne et Tristan Martine : « La guerre de “G.”. Les manières d’imaginer les guerres passées de F. Giroud et E. Guibert »

* Discussion

17h-18h30 – Rencontre avec deux raconteurs d’Histoire(s) : Franck Giroud et Emmanuel Guibert

Journée d'étude: Le son et la bande dessinée (7 juin)

Jeudi 7 juin 2012, Angoulême

Journée d’étude

Le son et la bande dessinée

Jeudi 7 juin 2012, Angoulême

Quand la bande dessinée fait plus que du bruit, elle se mêle de son et de musique. Comment la musique s’exprime-t-elle dans la bande dessinée ? Peut-on représenter le son dans une planche ? La représentation de la bande dessinée est-elle possible à la radio ? Et sur les disques ? Comment les auteurs transcrivent-ils leur passion pour la musique dans leurs albums ?

Une journée organisée par les étudiants du Master BD Université de Poitiers-École Européenne Supérieure de l’Image, en partenariat avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

Programme :

Jeudi 7 juin 2012, auditorium du musée de la bande dessinée 121 rue de Bordeaux, Angoulême.

10h: Jean-Charles Vincent (étudiant du Master BD): “Adaptation du rock en bande dessinée, l’exemple hendrixien”

10h30: Nadine Chirol (étudiante du Master BD): “Dessiner la musique: discordance et harmonie”

11h: Pause café

11h15: Table ronde avec Nine Antico (Tonight), Hervé Bourhis (Le petit livre des Beatles) et David Prudhomme (Rebetiko), animée par Isabelle Delorme et Jean-Charles Vincent (Étudiants du Master BD) : “L’ombre portée de la musique”

12h30 : Pause déjeuner

14h: Thierry Smolderen (essayiste et scénariste en bande dessinée, professeur à l’EESI) : “Sonogrammes : Comment les dessinateurs humoristiques déconstruisent les paramètres (énonciatifs, psychologiques, technologiques et sociaux) du son »

14h30: Christian Rosset (compositeur, producteur à France Culture, écrivain et critique de bandes dessinées) : “La bande dessinée à la radio ou les métamorphoses du silence”

15h: Pause café

15h15: Gabriel Gaudette (doctorant à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)) : “Quelques considérations autour de la représentation du son en bande dessinée”

15h45: Christian Marmonnier (Auteur d’ouvrages sur la bande dessinée, président du festival Bulles Zik ) : “La bande dessinée sur disques”

16h30 : Discussion

17h: fin de la journée d’études

Jeudi 7 juin 2012, aux Ateliers Magelis, 1 rue de Saintes, 16000 Angoulême, entrée libre.

19h: Concert “BD live” : Hervé Bourhis et David Prudhomme dessineront sur des thèmes bluesy, aux accords variant entre le rock et le jazz, dans une ambiance propice à développer le fil narratif propre à la mythologie du « Crossroads ». Sur scène, on retrouvera Troub’s à la basse (également auteur chez Futuropolis, Rakham…), Simon Fernie à la batterie, Lionel au saxophone et Charli à la guitare.

20h/20h30: dégustation au bar de la Cité

Une journée organisée par les étudiants du Master BD Université de Poitiers-École Européenne Supérieure de l’Image, en partenariat avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

Comicalités, nouvelles publications (mai)

Comicalités

Nouvelles publications

En ce mois de mai pluvieux, Comicalités explore les non-dits et les marges de la bande dessinée à travers les travaux de trois chercheurs (résumés plus bas).

– « The construction of national and foreign identities in French and Belgian postwar comics (1939-1970) », de Pascal Lefèvre

– « Le journal humoristique El Papus (1973-1986). Contre-culture et transgression pendant la transition démocratique espagnole », de Marine Lopata

– « Wokker. Notes on a Surrealist comic strip », de Roger Sabin.

Nous rappelons à nos lecteurs que Les Carnets de la bande dessinée sont à leur disposition pour poursuivre les réflexions entamées dans ces articles. Il est également possible d’y retrouver des billets présentant la dernière thématique de Comicalités : « Raconter à l’ère du numérique ».

Alain Boillat (Université de Lausanne, Suisse)

Alain Boillat (né en 1972) est depuis 2010 professeur ordinaire à la Section d’Histoire et esthétique du cinéma à la Faculté des Lettres de l’Université de Lausanne. Ses travaux ont en notamment porté sur les utilisations de la voix dans les dispositifs audiovisuels, sur les théories de l’énonciation narrative, du point de vue et de la fiction, sur l’historiographie du cinéma, sur les phénomènes d’oralité au cinéma ainsi que sur la représentation de certaines technologies (en particulier la téléphonie). Ses récentes recherches touchent plus spécifiquement à la notion de « monde filmique », à l’histoire des pratiques scénaristiques, au genre du western et à diverses formes de croisements entre la bande dessinée et le cinéma (au niveau tant des productions que des discours), au découpage de l’action et à la feuilletonnisation dans les périodiques de bande dessinée. Continuer la lecture de Alain Boillat (Université de Lausanne, Suisse) →

CFP: The Adventures of Tintin (essay collection) (deadline: 30 April, 2012)

CFP: The Adventures of Tintin (essay collection)

Abstracts are now being accepted for possible inclusion in an anthology on “The Adventures of Tintin.” Proposed essay topics should creatively engage with the critical, philosophical, and social issues explored in the Tintin universe and intended to appeal to the intelligent lay reader.

Possible topics include, but are not limited to:

• Tintin and Hergé
• Tintin and comic book history
• Tintin and detective fiction
• Tintin and the adventure story
• Tintin in translation
• Censorship of Tintin
• Tintin’s spinoffs
• Tintin in adaptations
• Tintin in films
• Tintin clubs
• Tintin and geography
• Tintin and travel
• Travel and colonialism
• Treatment of race in Tintin
• Snowy as sidekick
• Animal welfare
• EcoTintin
• Tintin and gender
• Tintin and masculinity; homosocial relations
• Tintin in criticism

Submission Guidelines:

1. Submission deadline for abstracts (100-500 words) and (one-page) CVs: 30 April, 2012
2. Submission deadline for first drafts of accepted papers: 15 September 2012.
3. Submission deadline for final papers: 1 December 2012

Kindly submit abstracts (as Word Document attachment) to BOTH Tyler Shores (tyler.shores@gmail.com) and Tom Ue (ue_tom@hotmail.com).

Parutions: Il Peplum d’Emilio et L’ elmo e la rivolta (Luciano Curreri, Giuseppe Palumbo)

Parutions

Luciano Curreri, Il Peplum d’Emilio

et

Luciano Curreri, Giuseppe Palumbo

L’ elmo e la rivolta

Luciano Curreri, Il Peplum d’Emilio

In tempi di revival salgariano (acceso ma un po’ miope) e di nuova fortuna del peplum (con egual destino d’immediata e inutile adesione), questo volume tenta di tracciare una particolare mappa dell’antichità immaginaria distesa tra letteratura e cinema a partire da due romanzi – Le Figlie dei Faraoni (1905) e Cartagine in fiamme (1906 e 1908) – di Emilio Salgari, il più prolifico scrittore italiano d’avventura delle patrie lettere moderne, di cui quest’anno ricorre il 150° anniversario della nascita (Verona, 1862).

Indice

Invito alla lettura, di Ernesto Ferrero

PREMESSA

IL FUOCO, I LIBRI, LA STORIA
Saggio su Cartagine in fiamme (1906) di Emilio Salgari

IL MITO CULTURALE DI CARTAGINE NEL PRIMO NOVECENTO TRA LETTERATURA E CINEMA

PER SFUGGIRE ALLE FIAMME BISOGNA AFFIDARSI AL MARE (OVVERO SAPER NUOTARE)

SALGARI TRA ROMAN-PÉPLUM E VOYAGE EN ORIENT
Appunti e ipotesi per Le Figlie dei Faraoni (1905)

Luciano Curreri, Giuseppe Palumbo
L’ elmo e la rivolta

Il primo ‘saggio disegnato’ di storia della cultura, dall’antichità ai nostri giorni, dalle fonti alla fanta, che bevevamo al cine guardando i peplum americani e i sandaloni italiani. Tutto, infatti, inizia in un cinema, dove Giuseppe Palumbo e Luciano Curreri guardano il film “Spartaco”, di Kubrick, e, alla famosa scena del corale “Io sono Spartaco”, iniziano a sognare la storia e a pensare alla nostra attualità. Dov’è finito Spartaco, si chiedono. Dov’è finita la rivolta? E allora Curreri si fionda in biblioteca, in archivio, e Palumbo si mette alla alla china. Scoprono che Scipione, il grande generale che sconfisse Cartagine, e Spartaco, l’oscuro leader della rivolta degli schiavi, sono all’origine di due miti che trascendono di gran lunga le scarse informazioni di cui disponiamo su di loro; due miti che la modernità ha accolto, elaborato e digerito, opponendoli di frequente l’uno all’altro. Tutto raccontato e disegnato, fino al 2011; quel 2011 che a noi suona come un’odissea nello spazio della nostra storia, come un’unità di duci e schiavi.

CFP: The Comics Get Medieval 2013: A Continuing Celebration of Medieval-themed Comics (1e septembre 2013)

First Call for Papers
The Comics Get Medieval 2013:
A Continuing Celebration of Medieval-themed Comics

Medieval.Comics.Project@gmail.com

PCA Washington, DC 3/27-30/13
Special Sessions of the Comic Art & Comics Area
Organized By Michael A. Torregrossa and Jason Tondro
Proposals Due to Organizers by 1 September 2012

Celebrating our seventh year in 2013, proposals are now being considered for inclusion at “The Comics Get Medieval 2013,” a series of panels and roundtables sponsored by The Virtual Society for the Study of Popular Culture and the Middle Ages and to be hosted by the Comic Art & Comics Area of the Popular Culture Association (PCA) for the 2013 Joint Conference of the National Popular Culture and American Culture Associations to be held from 27 to 30 March 2013 in Washington, DC.

The goal of these sessions is to foster communication between medievalists, comics scholars, and specialists in popular culture studies in general. The organizers define “medieval comics” as any aspect of the comics medium (panel cartoons, comic strips, comics books, comics albums, band dessinée, graphic novels, manga, webcomics, comics to film/film to comics, etc.) that feature medieval themes either in stories set during the Middle Ages or in stories presenting some element of the medieval in anachronistic settings (pre-medieval or post-medieval eras or medieval-inspired secondary worlds). We are also interested in papers looking at medieval-themed comics from a pedagogical perspective.

Completed papers should be delivered in 15-20 minutes (depending on the number of presenters). All proposals will also be considered for inclusion in an essay collection to be edited by the panel organizers during the early part of 2013. (Individuals only interested in submitting for the collection should also send proposals by 1 September 2012 and indicate their preference in the email.)

In addition, a select list of potential topics and a bibliographic guide to medieval comics will appear as part of The Medieval Comics Project web site available at and The Arthur of the Comics Project web site available at , both organized by The Virtual Society for the Study of Popular Culture and the Middle Ages.

No later than 1 September 2012, interested individuals (who must be members of PCA or ACA or join for 2013) should submit full contact information (name, address, phone/cell, and email), titles, abstracts of 300-500 words, and a brief resume to the session’s organizers, who will then forward them to the area chair. Address all inquiries and proposals to the organizers at the following address: and include “Comics Get Medieval 2013” in the subject line.

Appel: Raconter à l'ère numérique (10 juillet 2012)

Comicalités

Raconter à l’ère numérique

Appel à contributions

Date limite : 10 juillet 2012

Après « La bande dessinée : un art sans mémoire ? », « Représenter l’auteur de bande dessinée » et « L’Allemagne : quelle(s) image(s) ? » (pour lesquels nous pouvons toujours recevoir des propositions), Comicalités. Etudes de culture graphique publie dont quatrième appel à communication : la thématique « Raconter à l’ère numérique » est confiée à Julien Falgas et Anthony Rageul.

Raconter à l’ère numérique

« Espèce narrative […] à dominante visuelle » (Groensteen, 2011), on considère généralement que la bande dessinée a pour vocation principale de raconter. « Faire le récit de » (Petit Larousse Illustré, 2000). Où il y a récit, on suppose un ordonnancement, un déroulé des événements, un début, un milieu, une fin. On suppose un (ra)conteur, un narrateur, qui guide le lecteur. Moyennant une certaine latitude dans ses marges (bande dessinée abstraite, poétique, expérimentale), ces assertions et définitions sont justes et vérifiées dans toute l’histoire de la bande dessinée, c’est-à-dire quelle que soit sa place dans la société ou dans l’art, quel que soit son modèle esthétique, économique, quel que soit son support ou mode de diffusion.

Depuis 25 ans, la bande dessinée a, à l’instar d’autres médias, été absorbée dans l’espace numérique. Déjà présente sur les premiers réseaux ancêtres de l’Internet moderne, puis sur CD-rom, les années 2000 voient l’explosion du blog-bd, du webcomic et autre formes de bandes dessinées en ligne de même que le développement de nouveaux supports pour sa diffusion et sa lecture (de l’écran de l’ordinateur à la tablette, au smartphone ou à la liseuse).

Le secteur professionnel de la bande dessinée, comme d’ailleurs toutes les autres industries culturelles, est animé depuis quelques années de vifs débats quant aux modèles économiques et au droit d’auteur. On peut, à la suite de Magali Boudissa, questionner « les limites ontologiques dans lesquelles la narration peut se développer sur support numérique, sans basculer dans une forme hybride de récit hypermédiatique » (Boudissa M., 2010). Mais, plus qu’un changement de support ou de vecteur de diffusion, nous assistons probablement à une évolution de nos pratiques de réception et de production de récits par-delà la bande dessinée. Pour Smolderen, le passage du livre au périodique puis au quotidien autour de 1900 déterminent la genèse du langage de la bande dessinée moderne (Smolderen, 2009). L’appropriation de nouveaux supports et de nouveaux vecteurs de diffusion à des fins narratives a engendré la bande dessinée telle que nous la connaissons. C’est pourquoi, plutôt que de questionner le devenir de la bande dessinée, nous souhaitons interroger ce que signifie raconter à l’ère numérique.

Cette question engendre de très nombreuses pistes de travail, le terrain de la recherche à ce sujet étant largement à l’état de friche. Voici une première série de propositions dont la liste n’est pas exhaustive.

Pour commencer, l’histoire de la bande dessinée numérique reste encore à écrire, et ce pour ses trois pôles géographiques principaux (USA, Asie, francophonie). Ses oeuvres sont à recenser, à analyser, à critiquer. Considérée comme objet esthétique, la bande dessinée numérique invite à observer comment elle s’inscrit dans l’histoire de l’art, comment s’y manifestent ou non les enjeux de l’art contemporain à l’orée du XXIème siècle, comment elle fait ou non écho aux autres arts numériques.

En tant que média, on pourra se demander quels sont les atouts et les limites de l’héritage de la bande dessinée pour aller au-delà du papier. Quelles sont les spécificités du récit sur écrans connectés ? Y a-t-il une « plus-value » sémantique et surtout comment s’exprime-t-elle ? Les technologies reconfigurent-elles le “système de la bande dessinée” (Groensteen T., 1999) et comment ? Numérique est-il synonyme de multimédia, d’interactif, de connecté ? Enfin, comme l’observe Jean Clément : « Au cours des siècles passés, chaque changement matériel des supports narratifs a entraîné d’importantes modifications dans l’art de raconter des histoires. (…) Nous ne sommes entrés dans l’ère du numérique que très récemment. Il n’est donc pas surprenant que les oeuvres multimédias qui apparaissent aujourd’hui cherchent encore un mode d’écriture qui leur soit propre. » (Clément J., 2000). Si la bande dessinée joue un rôle indéniable dans l’émergence d’un mode d’écriture propre à l’ère numérique, il semble bon d’observer les réponse qu’apportent les héritiers d’autres traditions narratives. Par exemple on pourra interroger des formes telles que le récit transmédia ou se tourner vers les théories déjà bien étoffées des arts et de la littérature numérique.

Avec ces nouvelles formes de récit, c’est la place même du récit dans nos sociétés contemporaines qui est questionnée. Quels sont les usages des auteurs et des lecteurs ? Pourquoi raconter ou lire des histoires sur écrans connectés ? Raconter pour et par ces outils est-il un métier d’auteur ou de technicien ? Un travail solitaire ou un travail d’équipe ? Ou se placent les savoirs-faire traditionnels (auteur, éditeur, dessinateur, producteur…) ? Quels métiers sont à inventer, quelles collaborations à envisager ?

Enfin, on pourra interroger le marché émergent en terme de modèle économique ou de pratiques éditoriales, mais aussi en se demandant dans quelle mesure ces évolutions relèvent ou non de réelles innovations. Quelles sont les limites des nouveaux supports ? Le “lire numérique” a-t-il besoin du livre numérique ? Au-delà du portage du papier au numérique, qu’est-ce qui fait changer la nature ou le régime du récit ?

Nous invitons les chercheurs à nous soumettre deux documents :

– Une fiche signalétique prenant la forme d’un court Curriculum Vitae exposant les axes de recherche du candidat.

– Un texte anonyme de 3000 signes espaces compris, présenté sans aucun enrichissement autre que l’italique ou le caractère gras, et adoptant une présentation standardisée (Times New Roman 12 pts pour le corps de texte, 10 pts pour les notes, aucun alinéa ou retrait de paragraphe, interligne 1,5).

La proposition sera évaluée de façon anonyme par deux membres du comité scientifique de la revue : son acceptation vaudra encouragement et suggestions quant à un article d’une taille comprise entre 25000 et 50000 signes espaces compris. Elle doit nous parvenir aux adresses électroniques suivantes avant le 10 juillet prochain.

Julien Falgas et Anthony Rageul, responsables de la « thématique »

julien.falgas@gmail.com

anthony.rageul@yahoo.fr

Benoît Berthou, directeur de Comicalités.

benoit.berthou@univ-paris13.fr

Références citées

•                Boudissa M., 2010, La Bande dessinée, entre la page et l’écran : Étude critique des enjeux théoriques liés au renouvellement du langage bédéique sous influence numérique., Thèse en esthétique, sciences et technologie des arts, Université Paris VIII.

•                Clément J., 2000, Hypertextes et mondes fictionnels ou l’avenir de la narration dans le cyberespace, [En ligne: http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00000294/fr/].

•                Groensteen, T., 1999, Système de la bande dessinée, Paris, PUF.

•                Groensteen, T., 2011, Bande dessinée et narration – Système de la bande dessinée 2, Paris, PUF, p.89.

•                Petit Larousse Illustré, 2000, Paris, Larousse/HER.

Smolderen, T., Naissances de la bande dessinée: de William Hogarth à Winsor McCay, Bruxelles, les Impressions nouvelles, 2009, 144 p.